Conférence « La Chine : Quelle puissance militaire ? »

Le Comité Asie de l’ANAJ-IHEDN a le plaisir de vous inviter à son prochain événement :

 

La Chine : Quelle puissance militaire ?

Autour de

Denis Lambert

Ancien élève de l’ENS et membre du Comité Asie de l’ANAJ-IHEDN

Interviendra sur : “Le cadre des ambitions chinoises qui orientent et dimensionnent les transformations”

Patrick Michon

Ingénieur Civil de Télécom ParisTech

Auditeur de la 141e session régionale IHEDN

Interviendra sur : “L’histoire du développement de la BITD (Base industrielle et technologique de défense) chinoise”

 

Pierre Piquart

Docteur en géopolitique et en géographie humaine de l’Université de Paris VIII

Auditeur associé à l’IHEDN 75

Interviendra sur : “La Chine, un acteur militaire qui pèse sur les équilibres mondiaux”

Emmanuel Puig

Senior researcher à Asia centre

Directeur de l’Observatoire stratégique de la Chine pour la Délégation aux affaires stratégiques (DAS) du Ministère de la défense.

Interviendra sur : “Perspectives stratégique sur les nouvelles “missions historiques” de l’APL”

Cette table-ronde sera modérée par Philippe Du Fresnay

Consultant et essayiste, membre du Comité Asie de l’ANAJ-IHEDN

Mercredi 19 mars 2014

19h30 à 21h00

Amphithéâtre Des Vallières

Ecole militaire

Par Denis Lambert :

Pays longtemps confronté aux menaces de raids et d’invasions, la Chine n’est pourtant jamais devenue militariste. Or c’est le pays qui aujourd’hui augmente le plus rapidement ses armements et qui inquiète le plus ses voisins par des exigences qui tranchent avec son apparente humilité précédente. Résoudre ce paradoxe exige de relire l’Histoire, de suivre la progression des capacités d’un pays qui, jusqu’au XVIIIème siècle, était le plus puissant de la terre et de dégager les nouvelles ambitions que permet sa renaissance économique.

Par Patrick Michon :

Dès les origines de la Chine, il y a plus de 2 millénaires, celle-ci prend une rapide avance en technologies d’armement sur le reste du monde, avance qui va se réduire progressivement, probablement par manque de conflits avec des forces étrangères. La structure des Armées Impériales dans son ensemble, et l’industrie d’armement chinoise sont complétement dépassés dès le 18ème siècle, alors que les affrontements avec l’Occident s’annoncent. Le premier arsenal naval moderne fut fondé à Shanghai à l’époque des « guerres de l’opium » par Li Hongzhang, un mandarin énergique. En 1911, la République est proclamée en Chine, qui va alors copier le modèle des armées européennes et va demander leur aide pour réaliser cette transition. Au point de vue aéronautique, le Chu X-PO, était un programme de chasseur chinois développé à partir de  1941 au cours de la seconde guerre sino-japonaise. La dernière période marquante pour l’armée chinoise et l’industrie de défense commence en 1949, à la proclamation de la République Populaire (communiste) de Chine. Les Soviétiques ont aidé à développer une industrie d’armement en Chine et à y accorder des licences de fabrication. La limite de la coopération, et les premières difficultés sont apparues lors de la mise en place du programme nucléaire. A la chute de l’URSS, les entreprises russes vont voir la Chine comme un énorme marché. Un nouvel acteur fait son apparition, il s’agit des industries israéliennes. En 2014, l’industrie de défense chinoise est capable de produire toute la gamme de matériel dont l’APL a besoin, mais elle manque encore de la  maîtrise de certains secteurs technologiques.

Par Pierre Picquart :

Washington s’inquiète de la puissance militaire chinoise et Pékin l’accuse de mener une politique hégémonique. La Chine prône une diplomatie multilatérale et un développement pacifique. Pour autant, le ton de Xi Jinping est de plus en plus ferme sur les  conflits internationaux (Iran, Syrie…) et régionaux. La rivalité avec le Japon en est le symbole. Rivalisant avec les États-Unis, la Chine développe une diplomatie active et empiète sur son pré-carré. Pékin a prévenu Washington qu’une attaque israélienne sur l’Iran déclencherait une guerre mondiale. Pékin menace d´interrompre le financement de la dette américaine en cas d´attaque contre ce pays. La Chine n’a, auparavant, jamais été une menace pour l’Occident, et n’a fait partie d’aucune alliance armée telle que l’OTAN. Elle dit ne pas vouloir dominer le monde. Pourtant, le président chinois prône, d’une part, une politique pacifique, et d’autre part, appelle à « une grande renaissance de l’armée chinoise » en lui envoyant un message : elle doit améliorer sa capacité à remporter des combats.

Par Emmanuel Puig :

Entre 2004 et 2005, l’APL a connu une évolution doctrinale majeure sous l’influence de Hu Jintao. Jusqu’alors centrée sur la question de Taïwan et ses prérogatives de protection de territoire, l’APL s’est vue confiée de nouvelles missions résumées sous l’appellation de “nouvelles missions historiques”. Selon celles-ci, l’APL doit être désormais capable de mener des opérations militaires autres que la guerre (secours humanitaires, opérations anti piraterie), de sauvegarder la sécurité des voies maritimes internationales, de protéger les ressortissants chinois à l’étranger et de mener des opérations sous l’égide de l’ONU. Aujourd’hui, l’APL se destine à opérer hors du territoire chinois pour défendre potentiellement ses intérêts. A première vue, la modernisation en cours de la défense chinoise semble répondre à ces objectifs. Pourtant, s’il s’agit là d’une ambition stratégique majeure, il subsiste à l’heure actuelle d’énormes problèmes opérationnels et des limitations structurelles et politiques fortes. Cette présentation reviendra sur les “nouvelles missions historiques” de l’APL tout en dressant un bilan critique de ses capacités opérationnelles.

En continuant votre navigation, vous acceptez l'utilisation des cookies. Plus d'informations

Les cookies sont autorisés sur ce site afin d'améliorer la navigation. Si vous souhaitez continuer veuillez cliquer sur "Accepter" ci-dessous.

Fermer