Aller à la barre d’outils

FORCES AÉRIENNES STRATÉGIQUES VS AIR FORCE GLOBAL AIR STRIKE COMMAND

FORCES AÉRIENNES STRATÉGIQUES VS AIR FORCE GLOBAL AIR STRIKE COMMAND

FORCES AÉRIENNES STRATÉGIQUES VS AIR FORCE GLOBAL AIR STRIKE COMMAND :

un aperçu de la dissuasion nucléaire aéroportée des deux côtés de l’Atlantique

 

Dans le classique de l’aviation Strategic Air Command, James Stewart interprète Robert Holland, un pilote rappelé par l’US Air Force pour servir au sein du très réputé Strategic Air Command (SAC). Ce film de 1955 se déroule en plein dans un contexte de guerre froide, neuf ans après la création de cette composante aérienne nucléaire aux États Unis. Si la force nucléaire aérienne américaine a été initiée avant la française, cette dernière n’en demeure pas moins importante sur la scène internationale.

 

 

Par Théo, membre du comité aéronautique et espace

Relecture par le pôle publication

 

Téléchargez ici l’article

 

 

Ce texte n’engage que la responsabilité de l’auteur.

Les idées ou opinions émises ne peuvent en aucun cas être considérées comme l’expression d’une position officielle.

 

 

Un aperçu de ces deux puissances

 

Les États-Unis disposaient de 18 ans d’avance par rapport à la France, créant dès le 21 mars 1946 le Strategic Air Command (SAC) visant à centraliser les unités de bombardement de l’US Air Force. De plus, le pays déjà fait usage de l’arme nucléaire et montré les dégâts qu’elle engendrait à travers les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki en 1945. Les avions symboliques de cette dissuasion nucléaire aux États-Unis étaient le B-29 Superfortress et le B-36 Peacemaker représenté dans le film Strategic Air command. En 2009[1], une réorganisation de taille a été opérée au sein de la force de dissuasion américaine donnant lieu à une nouvelle force aérienne : l’Air Force Global Strike Command, qui a succédé au traditionnel SAC.

 

 

Logo du SAC

 

De son côté, la France a lancé la dissuasion nucléaire aérienne en 1964 avec la création des Forces aériennes stratégiques (FAS), représentées par le Mirage IV et sa bombe AN1. Cette volonté de disposer d’une force aérienne nucléaire autonome a été lancée par René Coty puis appuyée par le Général de Gaulle afin de marquer notre indépendance militaire face aux Etats-Unis d’Amérique (EUA). Cette composante aérienne a été complétée par une force océanique au sein de la marine nationale, encore opérationnelle à l’heure actuelle.

 

Les moyens mis en place de part et d’autre pour affirmer cette dissuasion nucléaire

 

Les moyens mis en œuvre par la France

 

En 2013, un rapport d’information de l’Assemblée nationale indiquait que la France consacrait 0,15 % de son PIB[2] (3,2 milliards d’euros) à la dissuasion nucléaire. Le coût de la composante aéroportée ne représente qu’une faible part du budget total de la dissuasion nucléaire (7 % du total, soit environ 245 millions d’euros[3]). Ce montant consacré à la dissuasion nucléaire avait été en constante hausse jusque dans les années 1990, où il a commencé à décliner. Les FAS ont été modernisés avec l’arrivée du Rafale troisième génération, le standard F3. Le coût de la modernisation des FAS a été établi à 2,6 milliards d’euros par un rapport d’information réalisé par le Sénat[4].

 

En 2015, les FAS comptaient 20 Rafale F3 et 23 Mirage 2000N-K3 répartis sur deux escadrons : l’escadron de chasse 1/91 Gascogne sur la base aérienne 113 Saint-Dizier-Robinson et l’escadron de chasse 2/4 La Fayette sur la base aérienne 125 Istres-Le tubé. Depuis le 1er août 2018, la flotte de Mirage 2000N a été remplacée par l’arrivée de Rafale. Nous pouvons voir dans le graphique ci-dessous que la hausse du nombre de Rafale en France s’est accompagnée à l’inverse par une baisse du nombre de Mirage 2000-N depuis 2014[5]. D’un point de vue des ressources humaines, les FAS dénombraient en 2019 1900 aviateurs[6].

 

 

La France dispose de 54[7] missiles nucléaires ASMP-A. Ces missiles d’une portée de 600 km ont pour objectif d’être un ultime avertissement avant une frappe nucléaire réelle sur les centres politiques du pays concerné par une éventuelle attaque. Au total, on estime à environ 300 le nombre de têtes nucléaires françaises en ajoutant également les missiles de la composante océanique. Tous les ans, des exercices ont lieu en France afin que la composante nucléaire aérienne soit toujours opérationnelle sur un aspect aussi sensible de la défense nationale.

 

Les moyens mis en œuvre par les États-Unis

 

En 2011, ce pays consacrait à la dissuasion nucléaire 55 milliards d’euros, soit environ 20 fois plus que la France. D’autre part, le coût pour le renouvellement de l’arsenal nucléaire a été évalué à au moins 179 milliards de dollars US sur une durée de neuf années. Les États-Unis devancent également de loin la France pour ce qui du nombre de têtes nucléaires avec un nombre évalué à 5800 têtes en 2020 (7700 en 2013)[8]. Un chiffre à relativiser car, depuis 1945 le stock de têtes nucléaires américaines a diminué de 59000[9] têtes.

 

 

Les B-52 Stratofortress et les B-2 Spirit sont les avions qui jouent un rôle de premier plan dans la dissuasion nucléaire américaine. L’armement nucléaire est plus diversifié qu’en France avec la présence de Missiles B61 et B83 ainsi que des bombes de gravité et des AGM86 et autres ALCMS.

La dissuasion nucléaire constitue un aspect essentiel de la défense de ces deux pays. La composante aérienne en particulier permet de disposer de moyens rapides et efficaces face à une éventuelle attaque extérieure nécessitant le recours ultime à l’arme nucléaire. La possession d’armes nucléaires par des pays tels la Corée du Nord pourrait renforcer la nécessité de maintenir la dissuasion nucléaire au premier plan de la défense nationale.

 

* * *

 

Cet article est une version mise à jour d’une publication antérieure sur le site :

 

 

 

Photo de couverture : B47 appartenant au Strategic Air Command, Wikipedia

 

[1] US Air Force, Air Force Global Strike Command,2015 https://www.af.mil/About-Us/Fact  Sheets/Display/Article/104462/air-force-global-strike-command/

[2] Assemblée nationale, Rapport d’information déposé en conclusion des travaux d’une mission d’information sur le contrôle de l’exécution des crédits de la Défense pour l’exercice 2013, http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/rap-info/i2249.pdf

[3] Ibid.

[4]Sénat, Rapport d’information fait par le groupe de travail sur l’avenir des forces nucléaires françaises, 2012, https://www.senat.fr/rap/r11-668/r11-6681.pdf

[5]Ministère des armées, Les chiffres clés de la défense : https://www.defense.gouv.fr/portail/ministere/organisation-du-ministere-des-armees/les-chiffres-cles-de-la-defense

[6] « Faire FAS » 55 ans de dissuasion nucléaire aéroportée », Air Actualités, octobre 2019

[7]MALDERA, Nicolas, Quelles évolutions pour la dissuasion nucléaire française ?, IFRAP, 2016 https://www.ifrap.org/etat-et-collectivites/quelles-evolutions-pour-la-dissuasion-nucleaire-francaise

[8] Hans M. Kristensen & Robert S. Norris (2018), “United States nuclear forces, 2018”, Bulletin of the Atomic Scientists, 74:2, 120-131, disponible sur : https://doi.org/10.1080/00963402.2018.1438219 (consulté le 11 juin 2020)

[9] Hans M. Kristensen & Robert S. Norris (2013) “Global nuclear weapons inventories, 1945–2013”, Bulletin of the Atomic Scientists, 69:5, 75-81, disponible sur : https://doi.org/10.1177/0096340213501363 (consulté le 11 juin 2020)

 

 

Pour plus d’informations sur le comité aéronautique et espace :

 

Aéronautique et espace

  

 

En continuant votre navigation, vous acceptez l'utilisation des cookies. Plus d'informations

Les cookies sont autorisés sur ce site afin d'améliorer la navigation. Si vous souhaitez continuer veuillez cliquer sur "Accepter" ci-dessous.

Fermer