France et fonds souverains : les enjeux du co-investissement

France et fonds souverains : les enjeux du co-investissement

Cet article vous est proposé par le Comité de Défense économique en introduction à la conférence du 29 janvier 2013 sur le thème du « Co-investissement entre fonds souverains » par l’intervention de Laurent Vigier, Directeur des affaires européennes et internationales de la Caisse des Dépôts (CDC). N’hésitez pas à réagir en nous contactant à l’adresse : defense-economique@anaj-ihedn.org.

France et fonds souverains : les enjeux du co-investissement

Alors que la date limite pour le dépôt d’une offre de reprise de la raffinerie française de Petroplus a été fixée au 5 février 2013, une alliance entre le fonds stratégique d’investissement (FSI) et le fonds souverain Libyen (LIA) est toujours envisageable. En novembre 2012, la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) et l’une des branches du fonds souverain QIA (Qatar Investment Authority) ont annoncé leur projet commun de création d’un véhicule d’investissement, capitalisé à hauteur de 300 M€, dans le but d’investir dans des PME françaises à fort potentiel de croissance et présentant un intérêt commun pour les deux contreparties. Deux mois plus tôt, CDC Entreprises annonçait le lancement d’un partenariat avec la China Development Bank, sous la forme d’un fonds Franco-Chinois, afin de réaliser des investissements croisés entre la France et la Chine. A l’heure où les difficultés de financement et les problématiques de levées de fonds se font omniprésentes pour les entreprises basées en Europe, il semble que la France ait décidé de renforcer sa stratégie de co-investissement avec les fonds souverains.

En effet, les investissements des fonds souverains suscitent des inquiétudes en matière d’horizon d’investissement (stratégie de stabilisation), de gouvernance, et de protection du capital économique, notamment au niveau du savoir-faire technologique et des grandes marques (exemple du luxe). L’enjeu est donc de faire converger nos intérêts nationaux avec les leurs. La nécessité d’approches coordonnées et plus efficaces à l’égard des fonds souverains est communément admise par les Etats occidentaux. Dans ce but, l’Europe soutient les actions menées par l’OCDE et le FMI en vue de finaliser les conventions internationales sur la bonne gouvernance, la transparence et la responsabilisation des fonds souverains.

C’est la raison pour laquelle la CDC (encore sous l’égide de Augustin de Romanet) a mis en place le Club des investisseurs de long terme en 2009, avec ses homologues allemand et italien, et la Banque européenne d’investissement. Plusieurs fonds souverains l’ont rejoint depuis, notamment le fonds souverain du Koweït (Kuwait Investment Authority), celui du Qatar, le fonds d’Abu Dhabi, Mubadala, la Banque publique russe de développement, la Caisse des Dépôts et de Gestion du Maroc et la Caisse des Dépôts du Québec. Son objectif est d’encourager l’échange de bonnes pratiques, la promotion de l’investissement de long terme et la coopération opérationnelle entre grands acteurs de l’investissement de long terme. Notons aussi que les investissements étrangers en France dans plusieurs secteurs « sensibles » (défense, sécurité,…) sont soumis à l’autorisation du ministre de l’Economie depuis 2005.

Cette stratégie de co-investissement semble donc une solution à davantage exploiter face à la rareté des capitaux, surtout compte-tenu des récentes perspectives de redressement de la zone Euro. Le rapport de Juillet 2012 de la Cnuced (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) va dans ce sens, en annonçant que les fonds souverains seraient amenés à accélérer leurs sollicitations vis à vis des gouvernements et institutions financières pour investir dans le brownfield (infrastructures déjà en exploitation).

Florent Deschepper
Membre du Comité de Défense économique
73eme de Paris – 2012

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