GESTION DU COVID-19 EN ASIE ET EN OCÉANIE : l’Australie

GESTION DU COVID-19 EN ASIE ET EN OCÉANIE : l’Australie

À peine remise des incendies de fin 2019 – début 2020 qui avaient durement affecté le pays en faisant trente-trois morts et des milliers de déplacés et en ravageant plus de 12,6 millions d’hectares[1], l’Australie fait aujourd’hui face à la pandémie de COVID-19. Avec 6 825 personnes infectées et 95 morts au 4 mai 2020, le pays semble moins durement touché qu’un bon nombre d’États, pouvant ainsi laisser penser que l’épidémie a été bien gérée et contenue.

Même si la gestion australienne de la crise a été moins médiatisée que celle de la Nouvelle-Zélande ou de la Corée du Sud, elle reste, à ce stade, considérée comme un succès[2]. Il peut être ainsi particulièrement instructif d’étudier l’évolution de l’épidémie dans ce pays et d’analyser les facteurs qui ont conduit à cette réussite.

Cet article débutera par une mise en perspective de la pandémie actuelle par rapport à d’autres crises sanitaires auxquelles l’Australie a historiquement été confrontée. Il retracera ensuite les principales étapes de la crise dans ce pays en s’intéressant aux dates clés, aux mesures prises par le gouvernement et aux facteurs d’échec ou de succès de la stratégie australienne. Il se focalisera enfin sur les conséquences de la crise, non seulement à court terme mais aussi en envisageant les difficultés et opportunités qu’elle engendrera pour l’Australie dans un temps plus long.

 

 

 

Par Pauline LEVY, membre du comité Asie des Jeunes de l’IHEDN

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1)    Données élémentaires

 

Superficie : 7 692 202 km²[1]

Nombre d’habitants : 25 464 116 (au 30 septembre 2019)[1]

Densité : environ 3,31 habitants/km²

PIB : 1 434 milliards de dollars américains (2018)[1]

Chef du gouvernement : Scott Morrisson depuis le 24 août 2018 (Parti libéral d’Australie – conservateur)

 

 

 

La carte est adaptée du modèle de Simple Maps[3]

 

2) Épidémies précédentes

 

a.    La grippe espagnole

 

Isolée par sa position géographique, l’Australie a historiquement été peu affectée par les crises sanitaires mondiales. Son expérience la plus pertinente par rapport à la pandémie de coronavirus actuelle est celle de la grippe espagnole de 1919. L’Australie, comptant alors à peine cinq millions d’habitants, avait perdu entre douze et quinze mille de ses citoyens – un chiffre relativement peu élevé par rapport aux trente à cent millions de personnes décédées des suites de cette maladie au niveau mondial. Il est estimé qu’environ 40 % de la population australienne avait été atteinte par le virus[4]. Des mesures drastiques furent mises en place pour répondre à cette crise. En effet, assez rapidement, la Grande-Bretagne avait pris la décision de fermer les frontières extérieures de l’Australie[5], stratégie ayant permis de contenir l’épidémie. Des mesures très similaires à celles prises aujourd’hui pour contenir le coronavirus furent instaurées : fermeture des frontières de certains États australiens, quarantaine, isolation des personnes ayant utilisé les transports, fermeture des écoles et de tous les lieux de divertissement non-essentiels, transformation de certains bâtiments en établissements de santé publique. Des difficultés similaires à celles que l’on connaît actuellement avaient pu être observées : un manque de personnel soignant (médecins et infirmières) et de place dans les hôpitaux ou des pénuries de certains produits de première nécessité comme la farine. Le port du masque avait été rendu obligatoire dans la rue[6].

L’épidémie de grippe espagnole a permis de mettre en évidence certaines fragilités. Premièrement, en 1918-1919, l’Australie en tant qu’État fédéral était encore très jeune et le Royaume-Uni contrôlait encore sa politique étrangère[7]. Ainsi, il avait été décidé très rapidement de fermer les frontières extérieures de l’Australie pour limiter l’arrivée de personnes potentiellement contaminées. Néanmoins, une fois le virus présent sur le territoire, il relevait de la compétence des États fédérés[8] de prendre des mesures pour en limiter la propagation. Tandis que les premiers malades se trouvaient vraisemblablement à Melbourne (Etat de Victoria), la Nouvelle-Galles du Sud fut le premier État à déclarer un cas au Commonwealth, entraînant une crise entre ces deux États qui avaient alors décidé de fermer leur frontière commune. Cette anecdote illustre un véritable problème de coordination entre le Commonwealth, l’État fédéral et les États fédérés, que l’on peut toujours rencontrer aujourd’hui dans une moindre mesure[9]. En 1919, cela a pu se traduire par des difficultés à prendre des décisions rapides sur les plans politique, administratif et médical. Pour remédier à cela, l’Australie a notamment mis en place un ministère de la santé (Department of Health) en 1921[10]. Deuxièmement, les conséquences économiques de l’épidémie de grippe espagnole ont été sévères. La fermeture des frontières entre certains États a ralenti l’économie en interne, et la baisse de la production et des exportations de charbon à l’étranger[11] a affecté la santé économique du pays[12]. Il ne fait nul doute que la récession économique est et sera un problème majeur lié au coronavirus pour l’Australie. Enfin, les communautés aborigènes ont particulièrement souffert de la maladie, qui a atteint un taux de mortalité de 50 % dans certaines d’entre elles.[13]. Aujourd’hui, ces populations restent plus vulnérables que la moyenne et le risque représenté par le COVID-19 est particulièrement élevé.

 

b.    Le symptôme respiratoire aigu sévère (SRAS)

 

La crise actuelle est souvent rapprochée de l’épidémie de SRAS en Asie. La comparaison est assez peu pertinente pour l’Australie car le pays avait été épargné par la maladie en 2003. Certaines conséquences et leçons ont toutefois été tirées de cette crise. Seulement six cas ont été détectés en Australie. Le ministère de la santé avait cependant mis en place un plan de surveillance et d’action pour répondre à une potentielle épidémie. Les mesures impliquaient notamment des contrôles dans les aéroports visant à identifier les passagers présentant des symptômes ou ceux en provenance de pays où ils auraient potentiellement pu être exposés à la maladie pour les isoler et procéder à des tests, ainsi qu’un mécanisme de traçage permettant de retrouver les contacts et de reconstituer les chaînes de transmission du virus[14]. Elles ont toutefois fait preuve d’un certain nombre de faiblesses, comme la difficulté à détecter la maladie dont les symptômes n’étaient pas toujours manifestes, les incohérences dans les rapports, le manque d’exhaustivité des données et des critères d’exclusion pas toujours justifiés[15]. Les conséquences du SRAS se sont surtout traduites par un ralentissement général de l’économie en Asie du Sud-Est[16], affectant l’économie australienne à la marge.

Le SRAS a permis de souligner certaines défaillances du système de santé australien : le manque de personnel hospitalier, les incertitudes quant à la capacité des hôpitaux à gérer une crise sanitaire de grande ampleur ou de longue durée, et la coordination parfois insuffisante entre Etats fédéraux et fédérés. En 2004, le gouvernement a alors alloué 40,2 millions de dollars pour renforcer l’infrastructure de santé nationale et les capacités de préparation à une catastrophe sanitaire[17].

 

3) Dates clés de la crise

 

23 janvier 2020 : Des tests systématiques sont mis en place pour les personnes en provenance de Wuhan[18].

25 janvier 2020 : Premier cas officiel sur le territoire. Il s’agit d’un citoyen chinois étant revenu de Guangzhou quelques jours auparavant[19].

31 janvier 2020 : Le gouvernement annonce la fermeture partielle des frontières australiennes. Les étrangers en provenance de Chine doivent passer quinze jours dans un pays tiers avant de pouvoir entrer en Australie. Le niveau d’alerte vis-à-vis de la Chine est maximal : les citoyens australiens ne sont plus autorisés à y voyager. Les Australiens ou résidents permanents en Australie peuvent revenir dans le pays même s’ils reviennent de Chine ou y ont fait escale à condition de passer quatorze jours en quarantaine à l’arrivée[20].

27 février 2020 : Le Premier ministre Scott Morrisson annonce l’activation du plan d’urgence sanitaire (Australian Health Sector Emergency Response Plan for Novel Coronavirus). Celui-ci impose des restrictions strictes sur les voyages mais pas sur les rassemblements. Des mesures plus contraignantes sont toutefois envisagées si la situation se dégrade[21].

1er mars 2020 : La quarantaine est imposée aux personnes revenant d’Iran. Ce pays fait l’objet d’une interdiction de voyage[22]. L’Australie déclare son premier mort des suites du coronavirus[23].

5 mars 2020 : La quarantaine est imposée aux personnes revenant de Corée du Sud. Ce pays fait l’objet d’une interdiction de voyager[24].

10 mars 2020 : Le centième cas est déclaré[25].

11 mars 2020 : La quarantaine est imposée aux personnes revenant d’Italie. Ce pays fait l’objet d’une interdiction de voyager[26].

12 mars 2020 : Une enveloppe de 17,6 milliards de dollars a été débloquée par le Premier ministre en vue de soutenir le système de santé, aider au paiement des salaires et soutenir l’économie[27].

13 mars 2020 : Formation du « National Cabinet ». Ce cabinet peut être créé pour faire face à des situations d’urgence, mais une telle mesure n’avait plus été prise depuis la Seconde Guerre mondiale. Dans le cadre du « National Cabinet », le chef de gouvernement rencontre les chefs des États fédérés et leurs Premiers ministres de manière hebdomadaire pour coordonner la stratégie de lutte contre le coronavirus[28].

15 mars 2020 : Le « National Cabinet » décrète une série de mesures : interdiction de tous les rassemblements de plus de 500 personnes (mesure qui ne concerne toutefois pas les écoles, universités, lieux de travail, transports publics et aéroports) ; tous les voyageurs arrivant en Australie doivent s’isoler pendant quatorze jours ; les bateaux de croisière ne sont pas autorisés à accoster en Australie pendant une durée d’au moins trente jours.

18 mars 2020 : L’état d’urgence sanitaire est déclaré, en conformité avec le Biosecurity Act de 2015[29]. Cela donne le droit au ministre de la santé (Greg Hunt) d’imposer des restrictions voire des interdictions de mouvement pour les populations et les marchandises et d’organiser des évacuations[30].

19 mars 2020 : Le bateau de croisière Ruby Princess revenant de Nouvelle-Zélande accoste à Sydney. Ses 2 700 passagers sont autorisés à débarquer alors que certains d’entre eux présentaient des symptômes du COVID-19[31].

20 mars 2020 : Prenant exemple sur la Nouvelle-Zélande, l’Australie ferme ses frontières extérieures. Seuls les citoyens australiens et les personnes résidant sur le territoire national peuvent y accéder[32].

21 mars 2020 : Le millième cas est déclaré[33]. Une distanciation sociale de quatre mètres carrés doit être respectée dans tout espace fermé.

22-27 mars 2020 : Pic des infections avec plus de 360 nouveaux cas par jour[34].

23 mars 2020 : Fermeture des lieux publics comme les clubs sportifs, les hôtels, les bars et restaurants, les salles de spectacle et de cinéma, les casinos et les lieux de culte. Les écoles restent ouvertes mais la présence des enfants n’est pas obligatoire. Certains Etats fédérés envisagent de fermer leurs écoles[35].

25 mars 2020 : Interdiction pour les citoyens australiens et résidents permanents de quitter le territoire national. Création de la « National COVID-19 Coordination Commission » par le Chef du gouvernement pour « coordonner les conseils à donner au gouvernement australien sur les mesures pour anticiper et limiter les conséquences économiques et sociales de la pandémie mondiale de coronavirus[36] ».

29 mars 2020 : Interdiction des rassemblements de plus de deux personnes, les sorties sont limitées à la liste de motifs suivants : courses alimentaires, besoins médicaux, exercice physique avec une seule personne maximum, activité professionnelle ou scolaire[37].

5 avril 2020 : Lancement d’une enquête criminelle pour savoir s’il y a eu violation des restrictions en vigueur par le Ruby Princess[38].

30 avril 2020 : Le Territoire de la capitale australienne est le premier État à déclarer qu’il n’a plus aucun cas de coronavirus sur son territoire[39].

 

4) Gestion concrète de la crise : les mesures appliquées

a.    État fédéral

 

La gestion australienne de la crise se rapproche ici fortement de celle de l’Europe. Le gouvernement a ainsi mis en place la quarantaine, interdit les voyages en fermant les frontières, annoncé la fermeture des lieux de commerce ou de divertissement non-essentiels. Il a également largement communiqué sur les gestes barrière à adopter et conseillé l’usage du gel hydroalcoolique. Peu de consignes claires ont été données sur le port du masque. Il n’est pas particulièrement recommandé à l’ensemble de la population afin d’éviter les ruptures de stocks. En revanche, les personnes à risque sont très encouragées à en porter lorsqu’elles se trouvent dans des lieux publics et le masque est bien sûr obligatoire dans les établissements médicaux. Les Australiens ont été incités par les autorités à se faire vacciner contre la grippe s’ils ne l’étaient pas déjà, afin d’éviter de cumuler les deux maladies. À ce stade, il n’existe pas de vaccin disponible pour lutter contre le coronavirus[40]. Enfin, une application de traçage, Covidsafe, a été lancée le 26 avril 2020 par les autorités australiennes. Fondée sur le même système que l’application utilisée à Singapour, elle enregistre via le Bluetooth tous les contacts des individus l’ayant téléchargée, permettant ainsi aux autorités de retracer plus facilement les chaînes de transmission d’une personne atteinte. Afin d’être efficace, il faudra que cette application, dont le téléchargement n’est pas obligatoire, soit installée sur les téléphones de la moitié de la population environ. L’accueil réservé à Covidsafe a été très mitigé, les Australiens craignant que leurs données personnelles ne soient pas adéquatement protégées et que leur liberté individuelle n’en soit de fait menacée[41].

La gestion de la crise par les hôpitaux semble avoir été globalement satisfaisante au niveau national malgré des défis évidents. Comme dans de nombreux pays, le manque de personnel entraîné, de lits, de place dans les hôpitaux, de respirateurs, d’équipement adéquat pour les médecins et personnels soignants constituaient de véritables obstacles à une gestion sereine de la crise. Avec 2 378 lits disponibles dans 191 unités de soins intensifs à travers le pays l’Australie était incertaine de sa capacité à absorber un important flux de personnes infectées de manière simultanée et sur le long terme[42]. Elle a alors développé une rigoureuse stratégie de préparation de ses hôpitaux qui semble, à ce jour, avoir porté ses fruits. Le faible nombre de morts semble être dû notamment à une préparation intensive du personnel soignant et à la capacité de réorganisation des hôpitaux. Environ 900 étudiants et volontaires ayant une expérience dans le domaine médical ont été préparés à administrer des soins pour renforcer les équipes. Certains médecins ont reçu des formations spécialisées portant notamment sur l’utilisation des respirateurs. Un système de soutien médical, psychologique et moral a été mis en place pour ces soignants. Les hôpitaux se sont également préparés en révisant leur organisation de sorte que les patients atteints du coronavirus ne soient pas en contact avec les patients souffrant d’autres pathologies. En outre, des mesures ont été prises pour pouvoir libérer des lits pour les patients atteints et un plan de transfert d’un hôpital à un autre a été élaboré en cas de manque de place. Des lieux tiers, comme certains hôtels ou salles de concert ont également été réquisitionnés pour permettre au système hospitalier de pouvoir répondre à la demande[43]. Une étude démontre que l’Australie aurait la capacité de se doter de plus de 4 000 lits supplémentaires si cela était nécessaire. Toutefois, les auteurs indiquent que pour que la meilleure utilisation possible puisse en être faite, il faudrait également augmenter le nombre de respirateurs et de médecins sachant les manier[44]. Pour faire face à cette potentielle carence, l’Australie a mis en place une unité opérationnelle composée du gouvernement et d’experts industriels afin d’envisager une augmentation drastique et urgente de la production de respirateurs[45].

 

b.    États fédérés

 

Si le gouvernement a donné des indications au niveau national, la structure fédérale de l’Australie permet aux Etats fédérés d’avoir une certaine flexibilité dans l’application des restrictions sur leur territoire. Globalement, on s’aperçoit que malgré la diversité des États, les mesures prises à travers le pays sont principalement les mêmes. Tous les États ont mis en œuvre une stratégie de confinement et imposé des règles strictes de distanciation sociale, soumises à des sanctions financières et pénales allant jusqu’à 11 000 dollars australiens (environ 7 200 dollars américains) et six mois d’emprisonnement en Nouvelle-Galles du Sud si elles n’étaient pas respectées[46]. Ils ont également tous fermé les commerces et lieux de divertissement en intérieur non-essentiels. La plupart des États ont laissé leurs espaces publics de plein air ouverts (avec souvent quelques exceptions), notamment pour la pratique de l’exercice physique dans le strict respect des règles mentionnées ci-dessus. Certains ont toutefois imposé des restrictions plus sévères et le Queensland a pris la décision de fermer ces espaces. Tous les États ont limité les rassemblements à deux personnes, sauf l’Australie occidentale et l’Australie méridionale qui tolèrent jusqu’à dix personnes. À part le Queensland, aucun Etat n’a entièrement fermé les écoles mais la présence des élèves ou étudiants en classe n’est plus obligatoire. Enfin, la mesure appliquée avec le moins d’homogénéité sur l’ensemble du pays concerne les frontières. Si quatre États ont complètement fermé leurs frontières (sauf aux voyageurs essentiels), les autres ont simplement renforcé les contrôles. Une quarantaine d’une durée de quatorze jours pour tous les nouveaux arrivants a été mise en place dans quasiment tous les Etats, sauf le Territoire de la Capitale Australienne, et les déplacements interétatiques sont fortement découragés.

 

Tableau 1. Mesures de lutte contre le COVID-19 prises par les États fédérés australiens

Etat/Mesures NSW[47] VIC[48] QLD[49] WA[50] SA[51] TAS[52] TCA[53] NT[54]
Nombre d’habitants (millions)[55] 8, 118 6,629 5,115 2,630 1,756 0,535 0,428 0,245
Nombre de malades (au 4 mai)[56] 3033 1406 1038 551 438 223 106 29
Nombre de tests réalisés (au 4 mai)[57] 248699 14661 116650 47029 61336 15356 9628 4855
Confinement X X X X X X X X
Distanciation sociale X X X X X X X X
Groupes (nombre max. de personnes) 2 2 2 10 10 2 2 2
Fermeture des frontières X X X X R
Fermeture des parcs et espaces publics de plein air X R R
Fermeture des commerces non-essentiels X X X X X X X X
Fermeture des espaces de divertissement en intérieur X X X X X X X X
Fermeture des écoles X R
Sanctions financières et pénales applicables X X X X X X X X

 

X : Mesure appliquée

R : La mesure n’est pas appliquée mais il existe des restrictions

 

c.     Les communautés aborigènes

 

La composition ethnique de l’Australie a appelé à une stratégie spécifique concernant ses populations aborigènes. Ces groupes sont particulièrement vulnérables au virus pour plusieurs raisons. Tout d’abord, ils semblent être plus sujets à des maladies chroniques respiratoires ou cardio-vasculaires, à l’hypertension, au diabète et à certaines formes de cancers. En outre, les conditions de vie témoignent d’un niveau de développement inférieur à celui de l’Australie dans son ensemble en termes de nutrition et d’hygiène[58]. Les ménages aborigènes sont souvent intergénérationnels et nombreux, dans des espaces parfois restreints et reculés, ce qui rend l’accès aux soins et aux produits de première nécessité difficile – notamment ceux qui sont nécessaires pour se protéger de la pandémie, comme les masques, le savon, le gel hydroalcoolique, etc.[59]. La vulnérabilité de ces populations est également due à la structure du système de santé australien. Fondamentalement utilitariste, il reposerait sur le principe du « plus grand bien pour le plus grand nombre », ce qui contribuerait à rendre les populations minoritaires les plus fragiles, demandant plus d’efforts et d’investissements, encore plus vulnérables[60]. De plus, des cas de racisme ont pu être constatés dans les hôpitaux publics australiens[61]. Pour toutes ces raisons, et également du fait d’une défiance traditionnelle, les communautés aborigènes restent à l’écart du système de santé public australien[62]. Leur prise en charge est alors assurée par l’Aboriginal Controlled Health Services qui n’a pas les ressources nécessaires pour faire face à une telle épidémie.

Le gouvernement a mis en place un plan d’action spécial pour les populations aborigènes. Ken Wyatt, ministre des Australiens indigènes et Greg Hunt, ministre de la santé, ont annoncé que des fonds seraient alloués à 110 communautés aborigènes reculées par l’intermédiaire d’organisations locales pour les aider à affronter la crise, notamment sur le plan médical[63]. Les communautés les plus reculées ont été entièrement isolées, afin d’éviter que le virus n’y entre. Les populations touchées peuvent être transportées en ville pour se faire soigner et des hôpitaux de campagne pourraient être temporairement bâtis pour accueillir les populations les plus isolées. Des tentes peuvent mises à disposition des communautés surpeuplées afin de permettre l’isolement des personnes présentant des symptômes. Enfin, un plan de gestion des enterrements a été élaboré, les rites funéraires étant une pratique culturelle très importante[64]. Au 24 avril 2020, 44 cas de coronavirus auraient été recensés au sein des groupes aborigènes, ce qui semble témoigner pour l’instant d’un certain succès de la stratégie mise en place par le gouvernement[65].

 

5) Conséquences de la crise

 

a.    Diplomatiques

 

En avril, l’Australie a appelé à l’ouverture d’une enquête internationale indépendante pour déterminer l’origine de la pandémie de coronavirus, ce qui a largement contribué à dégrader ses relations avec la Chine. Les communications diplomatiques entre Scott Morrisson et Xi Jinping sont rares, sinon inexistantes[66]. Tandis que l’Australie justifie une telle étude par le besoin de comprendre les causes de la pandémie afin d’éviter qu’une telle crise sanitaire ne se reproduise à l’avenir, la Chine la perçoit comme un cheval de Troie des Etats-Unis[67]. Si l’hypothèse de Pékin ne peut en effet être exclue, rien ne permet de confirmer l’implication américaine dans le lancement de l’enquête à ce stade. Afin d’entraver l’entreprise australienne, la Chine possède un important moyen de pression : l’économie. Elle a ainsi menacé de boycotter les produits australiens. Or, l’économie australienne est très dépendante de la Chine, qui achète annuellement 134,7 millions de dollars australiens de biens et services australiens, soit 36 % des exportations de l’île[68]. De plus, les étudiants chinois fréquentent massivement les universités australiennes et contribuent aux frais universitaires à hauteur de douze milliards de dollars[69]. Ainsi, l’économie australienne apparaît très vulnérable à toute manœuvre économique majeure de Pékin contre Canberra.

 

b.    Économiques

 

Alors qu’elle avait plutôt bien résisté aux crises précédentes, notamment la crise économique asiatique de 1997 et la crise financière de 2008-2009, l’économie australienne doit aujourd’hui faire face à des difficultés sans précédent.

La Banque centrale australienne a réagi tôt, en étant la première à baisser ses taux d’intérêts à 0,5 % le 3 mars 2020[70]. Le 12 mars, le gouvernement a dévoilé un plan de réponse à la crise économique et a annoncé un plan de relance de 17,6 milliards de dollars australiens[71] (environ 11,5 millions de dollars américains). Près d’un million d’australiens ayant perdu leur travail en une semaine, le gouvernement a également lancé l’initiative JobKeeper visant à soutenir les entreprises. Dans ce cadre, 130 milliards de dollars australiens (85 millions de dollars américains) ont été alloués au paiement des salaires de nombreux citoyens. Il s’agit de l’une des plus grosses aides de l’Etat de toute l’histoire du pays. Au total au 30 avril, 320 milliards de dollars australiens (environ 205,5 milliards de dollars américains), soit 16,4 % du PIB annuel, ont aidé à soutenir l’économie du pays[72].

Les communautés aborigènes ont également reçu une aide gouvernementale d’un montant de 123 millions de dollars australiens (80 millions de dollars américains) destinée à les aider à faire face à la crise. Elle contribue au soutien des commerces, en leur accordant un financement direct mais aussi en leur offrant une assistance spéciale sur la gestion ces établissements. Le plan de relance pour les populations indigènes comprend aussi un soutien au paiement des salaires et des initiatives pour faciliter l’emploi. Enfin, une partie de l’aide est destinée à construire des infrastructures adaptées à la gestion de la crise sanitaire, tandis qu’une autre sert à soutenir les différents programmes culturels, éducatifs et sociaux de ces communautés[73].

 

c.     Culturelles

 

Comme dans de nombreux autres pays, le secteur de la culture est frappé par la pandémie de manière particulièrement rude. Plus de 50 % des activités culturelles sont à l’arrêt. Le plan de soutien aux entreprises JobKeeper ne s’applique pas nécessairement aux personnes travaillant dans ce domaine, car il impose certaines conditions quant à la durée des contrats de travail et ne couvre donc pas les intermittents du spectacle, par exemple[74]. L’Australia Council for the Arts, l’organisme de financement et de conseil du gouvernement australien pour les arts, a alloué une aide de 25 milliards de dollars australiens au milieu de la culture et travaille à de nouveaux programmes pour le soutien et le développement du secteur[75].

 

d.    Sociales

 

Enfin sur le plan social, le coronavirus a pour conséquence majeure d’exacerber les paroles et actes racistes à l’encontre des populations d’origine asiatique. Un sondage réalisé par l’Asian Australian Alliance, révèle que 178 actes de racisme auraient eu lieu en deux semaines[76]. Si de tels phénomènes n’étaient pas étrangers au pays auparavant, ils semblent avoir été largement exacerbés par la peur liée au coronavirus. Le Premier ministre les a fermement condamnés, tandis que certains États, comme le Queensland, ont mis en place des mesures judiciaires visant à prévenir et limiter ce type d’incidents[77].

 

6) Analyse de la gestion de crise

 

a.    Réactions nationales et internationales

 

Au niveau national, de nombreux Australiens ont fait part de leurs appréhensions liées à de potentielles privations de liberté abusives ou d’abus sur l’application des sanctions en cas de non-respect des règles de quarantaine et de distanciation sociale[78]. En outre, comme indiqué précédemment, l’application Covidsafe a reçu un accueil mitigé pour des raisons de respect de la vie privée. Cependant, les Australiens semblent avoir une perception positive de l’action de leur gouvernement pour endiguer le virus. Ainsi, 65 % de la population trouve que le gouvernement a bien répondu à la crise, d’après une étude réalisée début avril[79].

À l’international, si elle a moins été médiatisée que sa voisine la Nouvelle-Zélande, la gestion de la crise par l’Australie reste largement perçue comme une réussite et un modèle[80]. Ayant su prendre mesure de la gravité de la situation de manière précoce et agir rapidement en prenant des dispositions adaptées à l’ampleur de la crise, l’Australie a plutôt bien réussi à contenir la propagation du virus sur son territoire, avec, au 4 mai, environ 1,1 % de la population infectée et moins de 100 décès[81]. La décision de fermer les frontières, à l’encontre des conseils de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui répétait que de telles mesures n’étaient pas nécessaires, a porté ses fruits[82]. Principale ombre au tableau, l’arrimage et le débarquement sans test préalable du bateau de croisière Ruby Princess a attisé les critiques aussi bien au niveau national qu’international. S’il est estimé que l’Australie aurait pu avoir un nombre de malades largement moindre sans cet incident[83], force est toutefois de constater que les efforts du pays pour lutter contre la propagation du virus ont été efficaces.

 

b.    Les raisons du succès

 

Plusieurs raisons expliquent le succès de l’Australie contre le virus. Premièrement, elle a bien sûr un avantage géographique indéniable. Étant isolée, il était plus simple pour elle de fermer ses frontières extérieures. Toutefois, elle demeure un pays extrêmement connecté au reste du monde, en particulier avec l’Asie et la Chine, et on ne saurait minimiser les conséquences de d’une décision politique difficile prise à point nommé[84]. Deuxièmement, la confiance de la population en son gouvernement et ses institutions a permis au pouvoir central d’agir rapidement et efficacement. Bien que le pouvoir ait fait face à des remises en cause ces dernières années, comme dans la plupart des démocraties libérales, la mise en place du Cabinet national a permis de faire prendre conscience à la population de l’urgence de la situation, de donner leur juste valeur aux analyses des experts et de fédérer au-delà des logiques partisanes[85]. Troisièmement, il existe également une forte confiance interpersonnelle au sein de la société qui créé de la cohésion sociale et donc des conditions favorables au respect des règles imposées au nom de la santé publique. Les règles de distanciation ont ainsi été particulièrement bien respectées par les citoyens australiens[86]. Quatrièmement, la population a été massivement testée et les contacts ont été tracés, dans la mesure du possible, dès les premiers jours de l’épidémie sur le territoire, entraînant une quarantaine systématique pour toutes les personnes potentiellement atteintes. Enfin cinquièmement, des facteurs culturels, tels que le fait que la plupart des Australiens vivent dans des habitations individuelles plutôt que dans des appartements et qu’une partie significative de la population âgée, plus vulnérable, vive dans des établissements spécialisés, ont sans doute joué un rôle dans la réussite australienne[87].

 

7) Quels défis et opportunités pour l’Australie après la crise ?

 

S’il est trop tôt pour s’engager dans un examen profond des conséquences de la crise sanitaire liée au COVID-19, il ne fait nul doute qu’elle ébranlera profondément toutes les régions du monde. Sur le plan économique, l’Australie sera très certainement affaiblie. Son principal partenaire commercial, la Chine, « fait [aujourd’hui] face à une crise de confiance mondiale[88] », et la relation bilatérale entre les deux pays se détériore sur fond de querelle politique. L’Australie devra alors, d’une part, diversifier ses partenaires commerciaux, et d’autre part, réfléchir à un plan de développement qui la rende moins dépendante de ses partenaires pour certains produits et infrastructures essentielles[89].

Sur le plan géopolitique et stratégique, la politique étrangère de l’Australie repose abondamment sur les organisations internationales et régionales (comme les Nations unies, l’OMS ou l’ASEAN, par exemple), qui sont très bousculées par la crise actuelle[90]. L’Australie a également des liens forts avec les États-Unis, un partenaire dont l’engagement dans la région est incertain et où dont la crédibilité au niveau mondial est de plus en plus remise en cause[91]. Alors que l’Australie avait déclaré vouloir de s’affirmer comme un véritable leader régional en Océanie[92], le contexte actuel pourrait lui offrir la possibilité de concrétiser ses ambitions, par exemple en soutenant les pays voisins, comme l’Indonésie ou la Papouasie Nouvelle-Guinée, aux niveaux matériel, sanitaire et économique. Plus largement encore, l’île-continent pourrait jouer un rôle clé dans la consolidation des organisations internationales et dans le rétablissement d’un ordre mondial fondé sur des règles (rules-based order) au sortir de la crise[93]. La pandémie entraînera donc certainement une sévère récession et des difficultés majeures sur des plans multiples. Toutefois, elle pourrait aussi, à terme, représenter une fenêtre d’opportunité pour l’Australie.

 

* * *

 

La photo de couverture est tirée de unsplash.com. L’auteur en est Fusion Medical Animation.

 

[1] Joel WERNER, « The size of Australia’s bushfire crisis captured in five big numbers », ABC News, 4 mars 2020.

[2] Stephen GIBBS, « How Australia has led the world in fighting COVID-19 with stringent testing, quarantine, border controls and a dose of luck – and why only 51 people have died compared with thousands in UK and US », Daily Mail Australia, 9 avril 2020.

[3] La carte originale peut être trouvée à https://simplemaps.com/resources/svg-au.

[4] Frank BONGIORNO, « How Australia’s response to the Spanish flu of 1919 sounds warnings on dealing with coronavirus », The Conversation, 22 mars 2020.

[5] Un dominion est un Etat indépendant mais non souverain faisant partie de l’Empire britannique. Voir la note 9 plus de précisions sur le cas de l’Australie.

[6] Ibid.

[7] Les six colonies se sont unies pour former le Commonwealth d’Australie le 1e janvier 1901. Si le pays avait en grande partie le contrôle des affaires intérieures, la Grande-Bretagne gardait la main sur tous les domaines les plus stratégiques, touchant notamment aux affaires étrangères, au commerce, à la plus haute autorité judiciaire et à la Constitution. En 1926, la Déclaration Balfour a accordé à l’Australie une souveraineté totale sur ses affaires intérieures et étrangères. Le Royaume-Uni a ensuite définitivement ancré l’indépendance de ses « dominions », dont l’Australie, dans le Statut de Westminster de 1931. Adil CADER, « What the History of Australian Independence Can Tell Us About Britain’s Journey Ahead », Oxpol, 15 janvier 2020.

[8] Dans le présent texte, « l’Etat fédéral » signifie l’Australie (ou Commonwealth d’Australie) et « les Etats fédérés » fait référence aux Etats qui la composent (Australie méridionale, Australie occidentale, Nouvelle Galles du Sud, Queensland, Tasmanie, Territoire du Nord, Territoire de la Capitale Australienne, Victoria)

[9] Paul DALEY, « How Spanish flu nearly ripped apart Australia’s fledgling federation », The Guardian, 13 mars 2020.

[10] Frank BONGIORNO, « How Australia’s response to the Spanish flu of 1919 sounds warnings on dealing with coronavirus », The Conversation, 22 mars 2020.

[11] En 1919, l’Australie a produit environ 10,5 millions de tonnes de charbon, alors qu’elle en produisait 12,5 millions en 1913. Elle en a exporté 778 655 tonnes en 1919 contre environ 2,1 millions de tonnes en 1913. Australian Bureau of Statistics, « Official Year Book of the Commonwealth of Australia No. 8 – 1915 », 1915; Australian Bureau of Statistics, « Official Year Book of the Commonwealth of Australia No. 14 – 1921 », 1921.

[12] Frank BONGIORNO, « How Australia’s response to the Spanish flu of 1919 sounds warnings on dealing with coronavirus », The Conversation, 22 mars 2020.

[13] Site du National Museum of Australia, “Influenza pandemic”, https://www.nma.gov.au/defining-moments/resources/influenza-pandemic, consulté le 1er mai 2020.

[14] Gina SAMAAN et al., « Border screening for SARS in Australia: what has been learnt?  », The Medical Journal of Australia, Vol. 180, 5, Mars 2004, pp. 220-223.

[15] Department of Health, « Severe acute respiratory syndrome surveillance in Australia », 4 juillet 2004, https://www1.health.gov.au/internet/main/publishing.nsf/Content/cda-pubs-cdi-2004-cdi2802-htm-cdi2802f.htm

[16] Trésor du Gouvernement Australien, « The economic impact of Severe Acute Respiratory Syndrome (SARS) », 10 Juillet 2003, https://treasury.gov.au/publication/economic-roundup-winter-2003/the-economic-impact-of-severe-acute-respiratory-syndrome-sars

[17] Parlement Australien, « Australia’s capacity to respond to an infectious disease outbreak », Papier de recherche n°3, 2004-2005.

[18] « Australia to screen some China flights, warns new virus difficult to stop », Channel News Asia, 21 janvier 2020.

[19] Paul KARP, « Timeline: how Australia responded to the coronavirus outbreak », The Guardian, 3 février 2020.

[20] « Australians told not to travel to mainland China due to coronavirus threat, border restrictions tightened considerably », ABC News, 1e février 2020.

[21] « Coronavirus pandemic fears prompt Government to activate emergency response and extend travel ban », ABC News, 27 février 2020.

[22] Kirsten LAWSON, « New virus cases trigger tougher travel restrictions on Iran », Canberra Times, 4 mars 2020.

[23] « Australian dies from coronavirus COVID-19 in Perth after infection on Diamond Princess ship », ABC News, 1e mars 2020.

[24] Eryk BAGSHAW et Dana MCCAULEY, « Australia puts travel ban on South Korea, enhanced screening on Italy », The Sydney Morning Herald, 5 mars 2020.

[25] « Australia », https://www.worldometers.info/coronavirus/country/australia/, consulté le 23 avril 2020.

[26] Eryk BAGSHAW, « Australia bans travellers from Italy », Brisbane Times, 11 mars 2020.

[27] Brett WORTHINGTON, « Gatherings of more than 500 people to be cancelled, Australians urged not to travel overseas amid coronavirus fears », ABC News, 13 mars 2020.

[28] Nick BONYHADY et Jennifer DUKE, « Leaders in unprecedented ‘national cabinet’ to tackle coronavirus », The Sydney Morning Herald, 13 mars 2020.

[29] Le Biosecurity Act est une loi adoptée par le Parlement australien en 2015 concernant « la gestion des maladies et des parasites susceptibles de nuire à la santé humaine, animale ou végétale ou à l’environnement ». Elle donne, entre autres, le droit au Ministre de la Santé de déclarer l’état d’urgence sanitaire et de directement donner des directives aux citoyens pendant cette période (paragraphes 477 et 478). Voir Australian Government, « Biosecurity Act 2015 », https://www.legislation.gov.au/Details/C2017C00303, consulté le 2 mai 2020.

[30] Marty JOHNSON, « ‘Human biosecurity emergency’ declared in Australia », The Hill, 18 mars 2020.

[31] Matilda BOSELEY, « Criminal investigation launched into Ruby Princess cruise ship coronavirus disaster », The Guardian, 5 avril 2020.

[32] Eleanor AINGE ROY, « New Zealand and Australia close borders to foreigners amid coronavirus crisis », The Guardian, 19 mars 2020.

[33] « Australia », https://www.worldometers.info/coronavirus/country/australia/, consulté le 23 avril 2020.

[34] Department of Health, « Coronavirus (COVID-19) current situation and case numbers ».

[35] « Coronavirus: Australia to close pubs, cafes and places of worship », BBC News, 22 mars 2020.

[36] Prime Minister of Australia, « Media Release: National COVID-19 Coordination Commission », 25 mars 2020.

[37] « Coronavirus Australia latest: 29 March at a glance », The Guardian, 29 mars 2020.

[38] Matilda BOSELEY, « Criminal investigation launched into Ruby Princess cruise ship coronavirus disaster », The Guardian, 5 avril 2020.

[39] « Coronavirus recovery: ACT becomes first state or territory to be free of known cases of COVID-19 », ABC News, 30 avril 2020.

[40] Gouvernement Australien, « Australian Health Sector Emergency Response Plan for Novel Coronavirus (COVID-19) », disponible à : https://www.health.gov.au/sites/default/files/documents/2020/03/australian-health-sector-emergency-response-plan-for-novel-coronavirus-covid-19-short-form-the-australian-health-sector-emergency-response-plan-for-novel-coronavirus-short-form.pdf

[41] Amy REMEIKIS, « Covid safe: Australian government launches coronavirus tracing app amid lingering privacy concerns », The Guardian, 26 avril 2020.

[42] Lisa COX, « ‘Like preparing for war’: Australia’s hospitals brace for coronavirus peak », The Guardian, 5 avril 2020.

[43] Ibid.

[44] Edward LITTON et al., « Surge capacity of Australian intensive care units associated with COVID-19 admissions », Medical Journal of Australia, 30 mars 2020

[45] Lisa COX, « ‘Like preparing for war’: Australia’s hospitals brace for coronavirus peak”, The Guardian, 5 avril 2020.

[46] Site du gouvernement de la Nouvelle Galles du Sud, https://www.nsw.gov.au/covid-19/what-you-can-and-cant-do-under-rules, consulté le 4 mai 2020.

[47] Ibid.

[48] Site du gouvernement de Victoria, https://www.dhhs.vic.gov.au/coronavirus, consulté le 4 mai 2020.

[49] Site du gouvernement du Queensland, https://www.covid19.qld.gov.au/government-actions, consulté le 4 mai 2020.

[50] Site du gouvernement de l’Australie occidentale, https://www.wa.gov.au/organisation/department-of-the-premier-and-cabinet/covid-19-coronavirus-community-advice, consulté le 4 mai 2020.

[51] Site du gouvernement de l’Australie méridionale, https://www.covid-19.sa.gov.au/, consulté le 4 mai 2020.

[52] Site du gouvernement de la Tasmanie, https://www.coronavirus.tas.gov.au/, consulté le 4 mai 2020.

[53] Site du gouvernement du Territoire de la capitale australienne, https://www.covid19.act.gov.au/home, consulté le 4 mai 2020.

[54] Site du gouvernement du Territoire du Nord, https://coronavirus.nt.gov.au/community-advice, consulté le 4 mai 2020.

[55] Australian Bureau of Statistics, « Australian Demographic Statistics, Sep 2019 », https://www.abs.gov.au/AUSSTATS/abs@.nsf/Latestproducts/3101.0Main%20Features3Sep%202019?opendocument&tabname=Summary&prodno=3101.0&issue=Sep%202019&num=&view=, consulté le 4 mai 2020.

[56]Department of Health, « Coronavirus (COVID-19) current situation and case numbers ».  https://www.health.gov.au/news/health-alerts/novel-coronavirus-2019-ncov-health-alert/coronavirus-covid-19-current-situation-and-case-numbers, consulté le 2 mai 2020.

[57] Department of Health, « Coronavirus (COVID-19) current situation and case numbers ».

https://www.health.gov.au/news/health-alerts/novel-coronavirus-2019-ncov-health-alert/coronavirus-covid-19-current-situation-and-case-numbers, consulté le 2 mai 2020.

[58] Voir, par exemple, « The quality of life for Indigenous Australians in the 21st century », Encyclopedia Britannica, https://www.britannica.com/topic/The-quality-of-life-for-Indigenous-Australians-in-the-21st-century-2109242, consulté le 1e mai 2020.

[59] Fiona STANLEY, Daniel MCAULLAY, Sandra EADES, « Urban Aboriginal people face unique challenges in the fight against coronavirus », The Conversation, 24 avril 2020.

[60] Chelsea BOND, Lisa WHOP, « The answer to Indigenous vulnerability to coronavirus: a more equitable public health agenda », The Conversation, 2 avril 2020.

[61] Gregory Philipps, « Ms Dhu coronial findings show importance of teaching doctors and nurses about unconscious bias », The Conversation, 20 décembre 2016.

[62] Fiona STANLEY, Daniel MCAULLAY, Sandra EADES, « Urban Aboriginal people face unique challenges in the fight against coronavirus », The Conversation, 24 avril 2020.

[63] Lorena ALLAM, « Frontline doctors prepare for ‘death and suffering’ when coronavirus hits Indigenous communities », The Guardian, 1 Avril 2020.

[64] Gouvernement australien, « Australian Health Sector Emergency Response Plan for Novel Coronavirus (COVID-19). Management plan for Aboriginal and Torres Strait Islander Populations », disponible à : https://nacchocommunique.files.wordpress.com/2020/03/management-plan-for-aboriginal-and-torres-strait-islander-populations.pdf, consulté le 24 avril 2020.

[65] Fiona STANLEY, Daniel MCAULLAY, Sandra EADES, « Urban Aboriginal people face unique challenges in the fight against coronavirus », The Conversation, 24 avril 2020.

[66] Les relations entre l’Australie et la Chine s’étaient déjà dégradées au cours de l’année précédente, avec la condamnation d’un Australien accusé d’espionnage par le gouvernement chinois (une première en 70 ans) et l’expulsion d’un journaliste australien du territoire chinois. Will GLASGOW, « Coronavirus: Xi Jinping keeping Scott Morrison out in the cold », The Weekend Australia, 11 avril 2020.

[67] Richard MCGREGOR, « In a Testy Post-Covid-19 World, Chinese Sanctions of Australian Goods May Be Closer Than Ever », The Guardian, 27 avril 2020.

[68] Department of Foreign Affairs and Trade, “China”, Février 2020, https://www.dfat.gov.au/sites/default/files/chin-cef.pdf, consulté le 4 mai 2020.

[69] Gerry SHIH, « Australia’s coronavirus disputes with China are growing. So are debates over its deep economic ties to Beijing. », The Washington Post, 1er mai 2020.

[70] Ben BUTLER, « Reserve Bank of Australia cuts interest rates to record low 0.5% amid coronavirus concerns », The Guardian, 3 mars 2020.

[71] Trésor du Gouvernement d’Australie, « Economic Response to the Coronavirus », https://treasury.gov.au/coronavirus, consulté le 30 avril 2020.

[72] Ibid.

[73] Département du Premier Ministre et du Cabinet, « $123 million boost to Indigenous response to COVID-19 », 2 avril 2020, https://ministers.pmc.gov.au/wyatt/2020/123-million-boost-indigenous-response-covid-19.

[74] Esther ANATOLITIS, « Australia’s arts have been hardest hit by coronavirus. So why aren’t they getting support? », The Guardian, 8 avril 2020.

[75] Australia Council for the Arts, « Australia Council Response to Covid-19 », 4 avril 2020, https://www.australiacouncil.gov.au/arts-in-daily-life/artist-stories/Australia-Council-response-to-COVID-19/.

[76] Naaman ZHOU, « Survey of Covid-19 racism against Asian Australians records 178 incidents in two weeks », The Guardian, 17 avril 2020.

[77] Ibid.

[78] Stephen GIBBS, « How Australia has led the world in fighting COVID-19 with stringent testing, quarantine, border controls and a dose of luck – and why only 51 people have died compared with thousands in UK and US », The Daily Mail Australia, 9 avril 2020.

[79] « Nearly two-thirds of Australians (65%) now say Australian Government is handling COVID-19 well – up 22% in a week », Roy Morgan, 7 Avril 2020.

[80] Voir par exemple : Damien Cave, « Vanquish the Virus? Australia and New Zealand Aim to Show the Way », The New York Times, 24 April 2020

[81] Department of Health, « Coronavirus (COVID-19) current situation and case numbers », disponible à: https://www.health.gov.au/news/health-alerts/novel-coronavirus-2019-ncov-health-alert/coronavirus-covid-19-current-situation-and-case-numbers, consulté le 4 mai 2020.

[82] Stephen GIBBS, « How Australia has led the world in fighting COVID-19 with stringent testing, quarantine, border controls and a dose of luck – and why only 51 people have died compared with thousands in UK and US », The Daily Mail Australia, 9 avril 2020.

[83] Paige COCKBURN, « How the coronavirus pandemic would look in Australia if Ruby Princess had never docked », ABC News, 22 avril 2020.

[84] Grant WYETH, « How Well Has Australia Managed Covid-19? », The Diplomat, 17 April 2020.

[85] Ibid.

[86] Ibid.

[87] Alice KLEIN, « Australia seems to be keeping a lid on covid-19 – how is it doing it? », New Scientist, 8 avril 2020.

[88] Alexandre DAYANT, « La géopolitique de l’Australie au sortir de la crise du coronavirus », IRIS, 30 avril 2020.

[89] Ibid.

[90] Allan GYNGELL, « Australia in a Post-COVID-19 World », Australian Institute of International Affairs, 1er avril 2020.

[91] Alexandre DAYANT, « La géopolitique de l’Australie au sortir de la crise du coronavirus », IRIS, 30 avril 2020.

[92] Scott Morrisson, «  “Where we live” Asialink Bloomberg Address », discours prononcé le 26 juin 2019.

[93] Alexandre DAYANT, « La géopolitique de l’Australie au sortir de la crise du coronavirus », IRIS, 30 avril 2020.

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