[MARE NOSTRUM] MOYEN-ORIENT & MONDE ARABE | LES FEMMES COMBATTANTES KURDES EN TURQUIE ET EN SYRIE : DU FANTASME OCCIDENTAL A LA REALITE

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Ce texte n’engage que la responsabilité de l’auteur. Les idées ou opinions émises ne peuvent en aucun cas être considérées comme l’expression d’une position officielle.

 

À PROPOS DE L’ARTICLE

En Occident, où la féminisation des armées est relativement récente et encore faible (15 % des effectifs de l’armée française en 2019) les femmes kurdes font l’objet de tous les fantasmes et de toutes les curiosités. Extrêmement représentées dans les journaux, à la télévision ou encore dans les films et séries, les femmes kurdes combattantes se font attribuer de nombreuses batailles : on les imagine souvent comme menant la lutte armée contre l’État islamique en Syrie, ou encore « comme menant un combat anti-patriarcal, juste et progressiste » contre un « État islamique considéré comme une organisation misogyne, obscurantiste et sanguinaire. »

« Le Bureau des légendes », diffusé par Canal+ est un exemple concret de cette représentation occidentale fantasmée des femmes combattantes kurdes. À la troisième saison de cette série fictive française qui a pour but de représenter le quotidien des agents de la Direction générale du service extérieur (DGSE) lors de leurs missions à l’étranger, l’un des espions de la DGSE se retrouve aux mains de l’État islamique en Syrie : ses collègues se rendent donc directement sur le terrain, pour tenter de lui venir en aide, et ce, grâce à la collaboration des forces kurdes syriennes, notamment les forces féminines, qui sont directement impliquées dans le conflit civil. La focale est ainsi faite sur Esrin Guneï, combattante kurde, membre d’une unité de combat 100% féminine, que le scénariste et réalisateur de la série, Éric Rochant dépeint comme une femme courageuse, intrépide, fière, libre, forte physiquement et mentalement, et qui manie tout aussi bien les armes, les arts du combat que les stratégies militaires. En somme Esrin Guneï est égale à ses pairs masculins avec qui elle partage les tâches les plus létales sans distinction aucune.

Si la vision occidentale nous véhicule une image très mythifiée de la femme kurde, la réduisant seulement au statut de combattante, nous verrons d’abord que celles-ci ne se battent pas seulement sur les fronts militaires pour s’émanciper, mais elles passent également par les urnes (I). Par ailleurs, nous verrons également que les femmes kurdes ne peuvent être considérées comme un ensemble homogène comme le suggèrent les médias et les œuvres cinématographiques, au contraire, le parcours de chaque combattante est unique, en témoigne la diversité des motivations qui poussent les femmes kurdes à prendre les armes (II).

 

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À PROPOS DE L’AUTRICE

Louise MELIN est membre du Comité Moyen-Orient et Monde Arabe et de la Délégation Internationale Canadienne. Étudiante en troisième année de licence en Études Internationales, spécialité Paix et Sécurité à l’Université de Montréal, elle est passionnée par les enjeux sécuritaires de la région du Moyen-Orient et par la question de l’armement.

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