Pourquoi les soulèvements au Maroc et à Bahreïn ont-ils échoué ?

Pourquoi les soulèvements au Maroc et à Bahreïn ont-ils échoué ?

 Pourquoi les soulèvements au Maroc et à Bahreïn ont-ils échoué ?

La présente publication reprend l’étude d’Emmanuel Bercault, étudiant du master Relations Internationales et Action à l’étranger de l’université Panthéon-Sorbonne et membre du comité Moyen-Orient de l’ANAJ-IHEDN, rédigée à l’occasion d’un séminaire consacré au monde arabe sous la direction de Madame Khadija Mohsen-Finan

Introduction

            Dans un article paru le 11 juillet 2011, le New York Times vantait les mérites de Mohamed VI, « le roi démocrate[1] », qui avait su répondre aux aspirations démocratiques de ses sujets. Il faut dire que le « oui » au référendum en faveur de la nouvelle Constitution, adoptée cinq mois après les premières manifestations, l’avait emporté avec 98,5% des suffrages. A l’inverse, la réponse du roi de Bahreïn Hamad Ben Issa al-Khalifa à la contestation du début 2011 s’était davantage exprimée par l’usage de la force et l’intervention des troupes du Conseil de coopération du Golfe afin de réprimer les manifestants.

Ainsi, si le comportement des deux souverains face à ces mouvements de protestation n’a pas été le même, les résultats sont apparus au fond assez semblables. Certes, au Maroc plusieurs réformes ont été mises en place, mais elles ne semblent constituer que des écrans de fumée[2] pour reprendre les mots d’Ahmed Benchemsi, journaliste et chercheur à l’université de Stanford, destinées à cacher la mainmise du roi sur les institutions. A Bahreïn, la question ne se pose pas vraiment puisque le roi Hamad n’a jamais réellement souhaité amorcer de véritables réformes du mode de gouvernement et a préféré mater la révolte par les armes. Il semble par conséquent possible de considérer que dans les deux cas, les manifestations se sont soldées par un échec puisque les revendications des protestataires n’ont pas été reprises par le pouvoir central, ou alors seulement de manière partielle.

Il reste possible de parler de « contestation », voire de « soulèvement », dans la mesure où une très large partie de la société civile a défilé dans les rues pour réclamer davantage de libertés sur le plan politique mais aussi plus de justice sociale et une meilleure prise en compte des intérêts des minorités. Toutefois, il convient de ne pas essentialiser les contestations, d’éviter d’en faire émerger un tout homogène et uniforme. A l’inverse, notre étude s’efforcera de mettre en évidence les singularités propres à chacun des exemples choisis, comme nous le constaterons dans notre étude. La comparaison, si elle « n’est pas raison », permet de repérer des points communs et des différences entre chaque situation de telle sorte qu’ils apparaissent plus compréhensibles, plus intelligibles. Dans le cas du Maroc et de Bahreïn, l’intérêt réside principalement dans la diversité des réponses de chaque pouvoir mais aussi dans les similitudes entre ces deux pays, à l’image de systèmes politiques souvent salués pour leur caractère relativement libéral et démocratique à l’opposé d’une large partie du monde arabe.

Ces mouvements ont été en particulier insufflés par le contexte régional des révolutions arabes initiées en Tunisie puis en Egypte. Après un processus historique plus long qu’il n’y paraît, ces pays que l’on pensait profondément ancrés dans l’autoritarisme voire la dictature se libéraient de leurs chaînes et entamaient leur transition vers un modèle a priori plus démocratique. En quelques semaines, ce sont quasiment toutes les nations du monde arabe qui s’embrasèrent, parfois pour réclamer des réformes, ou souvent, comme c’est le cas en Libye, le départ du dirigeant en place. C’est dans ce contexte agité du début de l’année 2011 que s’engagèrent les contestations au Maroc et à Bahreïn. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’ont eu lieu des rassemblements de protestation dans les deux royaumes mais c’est peut-être la première fois qu’ils prirent une telle ampleur. Alors que les manifestants rêvaient pour la plupart d’un pouvoir plus démocratique et plus juste sur le plan social on ne peut qu’être circonspect au regard des évolutions, au final, assez limitées qui conclurent la protestation.

            Par conséquent, dans quelle mesure les réponses différentes apportées par Mohammed VI et Hamad al-Khalifa ont-elles permis de faire échouer les soulèvements marocains et bahreïniens ?

Tout d’abord, il conviendra de faire ressortir les revendications de chaque mouvement tout en analysant la place du monarque dans celles-ci (I). Ensuite, nous observerons l’organisation, la structure des manifestations ainsi que les différentes options choisies par les souverains pour en finir avec les révoltes (II).

I) Demandes d’ouverture et de justice sociale face à l’autorité des rois

A) Des revendications assez semblables

            Dans les deux cas étudiés, nous constatons que les revendications des mouvements de contestation demeurent relativement similaires. Au Maroc, les manifestations de février 2011 réclament avant tout une évolution du système politique qui passerait d’abord par un changement de Constitution. Selon l’étudiante de dix-neuf ans Tahani Madmad, l’une des organisatrices du mouvement des jeunes du 20 février, les manifestants demandent que ce nouveau texte constituant « corresponde à chaque article au principe démocratique »[3]. La première revendication est donc l’élaboration et le vote d’une nouvelle Constitution. Pour garantir cela, les cent-mille contestataires (chiffres fournis par le journaliste Aboubakr Jamai à l’IRIS[4]) qui défilent, réclament la dissolution du gouvernement, du parlement ainsi que la mise en place d’un gouvernement transitoire.

L’indignation des manifestants se porte également contre la corruption qui ronge le pouvoir et ces derniers demandent à cet égard la mise en place d’une justice indépendante capable de juger les individus soupçonnés de détournement de fonds publics. La libération des détenus politiques, l’intégration des chômeurs diplômés sur le marché du travail et l’augmentation du salaire minimum font aussi parties des revendications de la protestation. Enfin, ceux qui descendent dans la rue sollicitent, au moins pour le mouvement du 20 février, le statut de langue officielle pour l’amazigh, idiome de la minorité berbère. Ces demandes constituent le plus grand dénominateur commun entre toutes les composantes de la société civile, syndicats, associations ou partis politiques qui prennent part aux différents rassemblements. Les tensions sociales ont toujours été présentes depuis l’indépendance. Par exemple, on notait qu’en 1965 et 1981 de graves émeutes sociales à Casablanca et dans d’autres villes du pays avaient été réprimées de manière sanglante par le pouvoir. Toutefois, cela n’avait pas débouché sur l’émergence de revendications politiques ou constitutionnelles.

            A Bahreïn, on note des revendications assez identiques avec en premier lieu le souhait d’un régime démocratique et de plus d’égalité, en particulier dans la répartition des richesses. Il est vrai qu’une certaine incertitude demeure sur le taux de chômage, officiellement évalué à environ 4%, mais qui serait en réalité de plus de 20%[5]. Il s’agit là d’un élément très important qui s’explique en particulier par le quasi épuisement des ressources pétrolières du pays ainsi qu’un recentrage raté sur l’industrie du tourisme. À côté des tendances lourdes que constituent le clivage confessionnel entre sunnites et chiites et la fragilisation de l’État-providence, Bahreïn était entré depuis 2002 dans une phase particulière de troubles politiques. L’Intifada des années 1990[6] s’était terminée grâce à la succession dynastique, la mort de l’émir Issa ben Salman Al Khalifa permettant l’arrivée au pouvoir de son fils Hamad ben Issa Al Khalifa, porteur d’une vision différente sur la manière d’aborder les conflits récurrents avec l’opposition de tous bords. Au contraire de la répression violente mise en œuvre par le régime en réponse au soulèvement de 1994-1999, Hamad prit l’initiative d’une réforme politique censée faire évoluer l’émirat vers une monarchie constitutionnelle. Pourtant, la Constitution promulguée en février 2002 par le roi Hamad n’a jamais impliqué une véritable démocratisation du système. En effet, les chiites, qui constituent plus de 60% de la population du pays, sont davantage discriminés dans l’accès aux emplois dans l’administration et les entreprises publiques. Surtout, ils sont nettement plus touchés par le chômage et acceptent difficilement le fait d’être gouvernés par la minorité sunnite. Selon Laurence Louër[7], chercheuse au CERI, les revendications économiques ont plutôt un rôle secondaire dans la contestation bahreïnienne, ce qui peut constituer une différence avec le cas marocain. Ces promesses non-tenues, qui avaient fait naître l’espérance d’une libéralisation du système ont incontestablement contribué à l’émergence de la contestation.

Des tensions sociales croissantes sont également le fruit d’un antagonisme entre les six cent mille autochtones et les quelque six cent mille immigrants, la plupart originaires d’Asie du Sud-Est. Ces derniers, souvent de confession sunnite, sont accusés de prendre le travail des Bahreïniens autochtones. Cela produit donc de nouvelles revendications sur ce sujet, mais aussi des violences contre ces travailleurs d’origine étrangère, pendant et après la contestation, comme en témoigne un rapport de Human Rights Watch[8]. Il reste que les demandes politiques constituent les principales préoccupations de l’opposition. Le limogeage de Khalifa bin Salman, Premier ministre et oncle du roi, ainsi que la libération des prisonniers politiques et l’écriture d’un nouveau texte constitutionnel font figure de priorité pour la plupart des protestataires. Comme le souligne un rapport de l’International Crisis Group, si « le gros des manifestants [appartient] à la majorité chiite, les revendications [ne sont] pas d’ordre religieux ou sectaire »[9]. Ces courants politiques chiites sont principalement rassemblés dans le mouvement al-Wefaq (la Concorde) qui disposait pendant les protestations d’un rôle prépondérant en établissant les bases d’un dialogue entre les manifestants et le régime

B) Le monarque, un personnage critiqué mais respecté

            L’un des points communs entre les situations marocaines et bahreïniennes est l’existence d’un système politique fondé autour d’un roi. Cela introduit une certaine continuité, une autre forme de légitimité qu’au sein des républiques arabes où les dirigeants ont avant tout assis leur pouvoir sur leur capacité à avoir lutté contre la décolonisation ou à avoir stabilisé le pays.

            Dans le royaume chérifien, le roi Mohamed VI descend de la dynastie alaouite qui règne sur le pays depuis 1631. Il est considéré par la Constitution marocaine comme le « commandeur des croyants » du fait de ses liens de parenté supposés avec le prophète Mahomet. Sa légitimité apparaît donc non seulement politique, mais également religieuse. Malgré une tentative de renversement en 1971 (le souverain était alors Hassan II) et des querelles de palais avec des membres de sa famille, le roi jouit d’une forte popularité auprès des Marocains, et ce en dépit d’une forme de despotisme héritée du règne de Hassan II que dénonce notamment l’anthropologue américaine Chloe Mulderig. Dans un article publié en novembre 2012, elle écrit en effet que « le pouvoir de la présence, consubstantiel à la nature de l’allégeance royale, est devenu la pierre d’angle de la stabilité politique au Maroc »[10]. Certes, l’époque a changé et, avec elle, les modalités de la répression, de la cooptation et du clientélisme. Mais, dans l’ensemble, le jeune roi a fini par assimiler l’aspect autocratique créé par son père, même si cela contraste peut-être avec son caractère personnel.

Cependant, si les slogans des manifestants de février 2011 ne visaient pas directement la monarchie en tant que telle, ils étaient clairement dirigés contre son autoritarisme et son accaparement des richesses du pays. Par exemple, les banderoles du 20 février s’attaquaient à l’image d’une pieuvre dont les tentacules apparaissaient à l’effigie des principaux agents du roi accusés de corruption : Fouad Ali El Himma, son ami et fondateur du Parti Authenticité et Modernité, Mohamed Mounir El Majidi, gestionnaire de sa fortune et le général Benslimane, patron de la gendarmerie. Il est vrai que selon le classement annuel établi par Transparency International, le Maroc se situait en 2011 à la 80ème place (sur un total de 183 pays) en termes de corruption. Un score qui le rangeait parmi les pays à

« corruption systémique ». Les critiques vont donc se concentrer non sur le souverain, mais sur sa fortune qui aurait été multiplié par cinq entre 2006 et 2011, ainsi que sur son entourage. On remarque ainsi que le prestige et la légitimité dont bénéficie Mohamed VI auprès du peuple marocain constitue l’une des raisons qui explique l’échec de la contestation. A l’inverse de la Tunisie ou de l’Egypte, les manifestations n’ont donc pas abouties au départ du leader en place, mais à des réformes constitutionnelles censées renforcer le régime démocratique.

            En ce qui concerne Bahreïn, les données sont différentes. La majorité chiite accepte difficilement d’être sous la coupe d’un souverain sunnite depuis 1783, date à laquelle Ahmed ibn Muhammad ibn Khalifa chassa les Perses et devint le premier hakim[11] du pays. A ce titre, plusieurs manifestations avaient eu lieu entre 1994 et 2001 pour dénoncer les discriminations économiques dont se disaient victimes les chiites. En filigrane, elles appelaient sinon à un changement de régime, du moins à un changement de monarque. Il est clair que la fin de la Constitution de 1973 qui définissait les contours d’une unique chambre de représentants chargée de valider les lois proposées par le roi et son gouvernement, était l’une des revendications majeures des protestataires durant les années 1990. La Constitution de 2002 n’a pas su tenir les promesses qu’elle avait suscitées, en particulier au niveau de la répartition des pouvoirs exécutif et législatif. Ainsi, l’opposition politique s’est scindée entre une majorité qui accepte le cadre monarchique et une minorité qui refuse sa légitimité. Le principal parti d’opposition, al-Wefaq, préfère s’allier avec des partis de gauche que mettre en valeur son identité chiite. Cette coalition soutient des réformes constitutionnelles comme l’unicaméralisme, ayant vocation à faire émerger un Premier ministre élu, issu de la majorité parlementaire et responsable devant la Chambre. Profitant de l’espace laissé par al-Wefaq, des mouvements plus radicaux issus de l’islam politique chiite qui inspira la révolution iranienne, se sont développés.

Lors du mouvement de protestation de 2011, c’est celui-ci qui incarna le courant anti-monarchique en réclamant ouvertement la chute de la famille royale. C’est d’ailleurs à partir de la page Facebook des jeunes « de la révolution du 14 février » appelant à un changement de régime que la contestation s’est développée. Selon Claire Beaugrand, analyste politique pour l’International Crisis Group, « les slogans entendus dans les rues de Manama furent très hétéroclites puisqu’ils allèrent de : “ni chiite, ni sunnite, mais Bahreïnienne”, à “le peuple veut la réforme du régime” ou “le peuple veut la chute du régime[12]” ». Certains groupes tels que la Coalition de la révolution du 14 février, devenu l’un des plus puissants mouvements de l’opposition appelèrent, comme le rappelle Laurence Louër, au moins au début de la contestation, à une réforme limitée de la monarchie afin de permettre le maintien de la dynastie en place[13]. Le roi n’était donc pas contesté par l’ensemble des manifestants, loin de là.

Pour faire face à l’hostilité croissante, Hamad Al Khalifa s’appuya sur un système de répression autoritaire à l’encontre de « l’opposition illégale » qui refuse le régime monarchique. Cela avait vocation à décourager toute protestation trop poussée contre le pouvoir royal. Pour faire contrepoids à cette logique répressive, le souverain se prévaut dans sa rhétorique d’être le dirigeant capable de répondre favorablement aux aspirations libérales et égalitaires des Bahreïniens. Cette fine complémentarité entre les dimensions autoritaires et les gages de bonne foi donnés aux manifestants constitue l’une des explications de l’échec de la contestation.

On note cependant la différence entre les deux réponses apportées aux manifestations. Leur succès, du point de vue des dirigeants, a notamment été possible en raison du manque de structure, de mots d’ordre clairement établis et de leaders charismatiques des mouvements de contestation.

II) Des réponses différentes pour un même résultat ?

A) Manque de leaders et de sens du compromis au sein des contestations

            Au Maroc, le mouvement de contestation a été structuré autour de coordinations locales, essentiellement de jeunes, délibérant en assemblées générales publiques. Ces jeunes ont pu s’engager à travers des mouvements de jeunesse ou des associations, ce qui leur a permis d’être d’emblée politisés, à la différence d’un pays comme l’Algérie où les manifestants n’appartenaient pas, pour la plupart, à des groupes politiques. Plusieurs partis ou rassemblements de gauche (Parti Socialiste Unifié, Association Marocaine des Droits de l’Homme, Confédération Démocratique du Travail), mais aussi des islamistes (Justice et Bienfaisance) ont ainsi tenté de structurer ensemble le mouvement du 20 février. Cette force de mobilisation et cette union entre des franges différentes de l’échiquier politique marocain permettent la tenue de plus de cinquante manifestations rassemblant trois cent cinquante mille manifestants, le 20 février 2011.

En tant qu’outils de mobilisation, les réseaux sociaux et Internet ont joué un rôle important. Certains chercheurs comme François-Bernard Huygue parlaient de « révolutions 2.0 »[14] pour caractériser les révoltes arabes de 2011. Il est clair que l’accès à Internet et aux réseaux sociaux a certainement joué un rôle non négligeable dans la libération de la parole et l’élaboration du lien entre les divers protagonistes, ainsi que pour les échanges sur les modalités de l’action et les contenus des revendications et des slogans. Par exemple, le site mamfakinch.com a vu le jour peu après le début de la contestation afin de compiler toutes les informations sur les manifestations du Mouvement du 20 février et les communiqués des organisations qui le soutiennent. Mais, comme l’ont montré Abderrahmane Amsidder, Fathallah Daghmi et Farid Toumi, l’impact de ces nouvelles technologies de la communication a largement été exagéré, en particulier dans le cas marocain[15]. En effet, seuls 10% de la population marocaine utilisent Facebook et 0,05% Twitter. Ces chiffres sont extrêmement faibles en comparaison d’autres pays comme Bahreïn ou la Tunisie, qui comptent respectivement 37% et 23% d’utilisateurs de Facebook en leur sein[16]. Par conséquent, les messages du Mouvement du 20 février n’ont pas été diffusés en masse par les réseaux sociaux, mais bien par les partis politiques et les associations, déjà organisés, qui soutenaient le mouvement.

Comme nous l’avons souligné, les revendications en termes de dignité, de travail, de liberté constituent la pierre angulaire de la protestation. En revanche, le départ du souverain et la volonté de transformer dans les urnes la dynamique née dans la rue ne figuraient pas dans l’agenda des manifestants. Ainsi, pour paraphraser Fouad Abdelmoumni, les forces impliquées n’avaient pas toutes le même appétit pour le changement[17]. Par conséquent, le mouvement n’a pas eu de cibles susceptibles d’unifier les manifestants. C’est cette difficulté des manifestants à unifier leurs cibles et leurs revendications qui a constitué l’une des raisons à l’origine de l’essoufflement du mouvement.

            Contrairement au Maroc, ce n’est d’aucun des mouvements composant le spectre politique bahreïnienne qu’est venue l’initiative des premiers rassemblements du soulèvement de 2011. C’est largement en dehors des cadres politiques établis que les premiers manifestants se sont mobilisés. En effet, à l’exception du chef du mouvement al-Wafa‘, aucun des grands leaders politiques ne s’est rendu à la première manifestation. Quant à al-Wefaq, ce mode de protestation est venu contrarier sa stratégie de rapprochement avec le régime. Ce n’est donc qu’avec beaucoup de réticences qu’il a rejoint le mouvement, lorsque la violence de la répression policière a rendu impossible une position de retrait. Sur ce point, les événements du Bahreïn se distinguent donc singulièrement de ceux du Maroc où les partis politiques étaient dans leur majorité présents dès l’amorce de la protestation et ont permis de facto de lui conférer une meilleure organisation.

Le principal mouvement de contestation, la Coalition de la révolution du 14 février, a adopté un mode d’organisation collectif fondé sur une large base de soutiens qui diffusent des idées pour faire vivre la contestation sur plusieurs supports digitaux. Une fois le consensus atteint, les membres se lancent dans une campagne populaire axée sur la distribution de tracts et la pose d’affiches à l’effigie du mouvement. L’objectif est de montrer le caractère décentralisé des protestataires et semble, selon Toby Jones et Ala’a Shehabi, être représentatif d’une nouvelle forme de la politisation des masses qui touche l’ensemble du monde arabe[18].

Dans ce contexte, Internet et les réseaux sociaux ont joué une place particulièrement importante dans la mesure où Bahreïn est le deuxième pays du monde arabe (derrière les Emirats arabes unis) où le pourcentage de population ayant accès et utilisant régulièrement Facebook et Twitter est le plus élevé. Ainsi, c’est depuis bahrainonline.org, un forum extrêmement populaire en activité depuis 1998, qu’ont été mis en ligne les premiers appels à manifester le 14 février 2011. Toutefois, le mouvement conserve une nature clandestine et décentralisée, sans véritable leader, pour éviter de tomber sous le coup de la répression. Selon l’anglais Patrick Cockburn, celle-ci a été soutenue tout particulièrement par deux figures montantes de la dynastie depuis la fin des années 2000 : le ministre du Cabinet royal Khaled ben Ahmed Al-Khalifa et son frère Khalifa ben Ahmed Al-Khalifa, chef de l’armée[19]. Issus de ce qui apparaît aujourd’hui comme une troisième grande faction dynastique, ils passent pour les principaux relais et financiers, au sein de la famille royale, des groupes islamistes sunnites parmi les plus anti-chiites. Ainsi, ce soutien affiché par une partie du pouvoir royal à des groupes très opposés à la contestation a forcément joué dans l’échec de la contestation qui n’était pas assez préparée et organisée pour y répondre efficacement.

En outre, le mouvement n’a pas été assez prompt ou n’a pas eu la volonté, peut-être à cause de ce manque de leader, de négocier avec le pouvoir. Comme l’écrit Mansour Al-Jamri, rédacteur en chef du quotidien Al-Wassat, proche de la majorité chiite du royaume : « Pendant trois semaines, le prince héritier Salman a attendu les ténors de l’opposition pour négocier. Mais sous l’impulsion des jeunes, galvanisés par les événements en Egypte, aucun responsable n’a répondu à son appel ». Résultat, la monarchie a pu profiter des renforts militaires saoudiens pour lancer l’assaut contre la place de la Perle, l’épicentre de la contestation, arrêtant au passage de nombreux dirigeants de l’opposition et manifestants. Pour Georges Malbrunot, journaliste spécialiste du Moyen-Orient, c’est ce manque de structure, ce manque de volonté de compromis qui a causé la perte du mouvement[20]. On note ici une divergence avec le cas marocain dans la mesure où les forces d’opposition ont accepté le dialogue avec le roi Mohammed VI, en espérant obtenir de meilleures réformes par la négociation que par la violence. Il faut rappeler cependant que la réponse à ces deux crises a été différente, et même opposée au fur et à mesure de la progression de la contestation.

B) Négociation et répression : le difficile « équilibre » trouvé par les régimes

            Que ce soit au Maroc ou à Bahreïn, l’influence du contexte régional est incontestable. Le souffle des départs successifs du président Ben Ali en Tunisie et du président Moubarak en Egypte inquiète le reste du monde arabe et dicte une attitude plus prudente aux dirigeants en place. De part et d’autre, ce vent de révolution tend également à durcir les demandes des manifestants.

Au Maroc, la rue réclame par exemple en février 2011 l’abrogation de l’article 19 de la Constitution qui établit la suprématie du roi sur les autres pouvoirs. Alors qu’il fait mine, dans un premier temps, de ne pas entendre les revendications du mouvement, Mohammed VI crée quatre mille trois cent postes dans la fonction publique et augmente la caisse de compensation afin d’aider les nécessiteux. De plus, il annonce dans son discours du 9 mars 2011 une « réforme constitutionnelle globale ». Outre le renforcement du pluralisme, des droits de l’homme et des libertés individuelles, le souverain promet que le statut du Premier ministre, « en tant que chef d’un pouvoir exécutif effectif », et celui des partis politiques seront « renforcés » dans le cadre de cette réforme constitutionnelle. On voit donc que Mohammed VI semble, dans un premier temps, prêt à réaliser d’importantes concessions face aux manifestants, dans le but de calmer un ressentiment croissant contre son incapacité à tenir ses promesses de 1999, date de son accession au trône, parmi lesquels une démocratisation de la monarchie. Une commission consultative censée représenter l’ensemble des membres de la société (elle comprend des intellectuels, des religieux, des militants des droits de l’homme, des opposants au régime…) est appelée à élaborer le nouveau texte constitutionnel. On l’a compris, il s’agit pour le roi d’apporter une réponse différente de celle de ses voisins et de légitimer les nouvelles réformes à travers la diversité du groupe de réflexion nommé. Celui-ci a vocation à représenter la société tout en demeurant un intermédiaire entre le roi et sa population. Pour Jean-Noël Ferrié, directeur de recherche au CNRS, cité par Hélène Salon, journaliste au Monde, il s’agit de quelque chose « d’extrêmement nouveau et qui va extrêmement loin[21] ». Pourtant, si la principale innovation réside dans la désignation du Premier ministre issu de la formation politique qui arrive en première position lors des élections législatives, il est toutefois « difficile de croire que le pouvoir du roi a été réduit[22] ». Mohamed VI reste le maître du jeu dans les secteurs régaliens de la diplomatie, de la défense et de la sécurité intérieure. Il demeure aussi le chef des armées, préside le Conseil des ministres et conserve, sur le plan religieux, son titre de commandeur des croyants. Une analyse détaillée des concessions accordées par le souverain chérifien à l’opposition montre qu’elles n’ont pas l’ampleur ni l’intensité attendues. Par exemple, l’article 101 rend le Premier ministre responsable devant le Parlement et non plus devant le roi. On pourrait donc penser qu’il s’agit d’un changement indéniable. Or le palais peut intervenir dans la nomination du gouvernement et ce sont les conseillers du roi qui prennent en pratique les décisions les plus importantes, en matière d’économie, d’affaires étrangères ou sur certains dossiers comme la question sahraouie. Sur le plan religieux, le Conseil des Oulémas a désormais une existence formalisée dans la Constitution (article 41) mais il est présidé par le roi qui conserve ses prérogatives religieuses inhérentes à l’institution d’Imarat Al Mouminine[23]. Enfin, la langue berbère devient l’une des langues officielles de l’Etat (article 5) mais pas une langue nationale. Par ailleurs, l’Etat doit « œuvrer à la parité entre hommes et femmes » (article 19) mais il n’y a pas de véritables obligations, ce qui fait que ces mesures restent largement symboliques. Il est vrai que la Constitution garantit pour la première fois la « liberté d’opinion et d’expression » mais, en pratique, les choses demeurent plus complexes. Récemment, des jeunes ont par exemple été arrêtés pour n’avoir pas respecté le jeûne du Ramadan[24]. D’autre part, comme le souligne l’avocat marocain Jad Siri, le texte constitutionnel est « muet sur la limitation de l’intervention du roi, de sa famille et de [ses conseillers] dans l’économie »[25], ce qui était pourtant l’une des revendications du Mouvement du 20 février. Ainsi il semble possible, comme l’a fait Driss El Yazami, président du Conseil national des droits de l’homme, de parler d’une « évaporation progressive des promesses constitutionnelles »[26].

Adoptée avec plus de 98% des suffrages exprimés et un taux de participation de 72,36% des inscrits lors du référendum du 1er juillet 2015, la nouvelle Constitution apparaît incontestablement comme un succès pour Mohammed VI. D’autant plus que le Mouvement du 20 février a appelé au boycott de ce vote, s’enfermant ainsi dans une logique contestatrice infructueuse et contre-productive. Et ce en dépit, rappelle Thierry Desrues, de supposées pressions exercées sur de larges secteurs de l’électorat, par l’utilisation des mosquées et des biens publics comme plates-formes de propagande, ainsi que par l’achat de votes par le pouvoir royal[27]. Ainsi, le roi est parvenu au tour de force de répondre à une partie des attentes des manifestants tout en conservant l’essentiel de ses prérogatives. Cette capacité à avoir rapidement accepté le dialogue a finalement « coupé l’herbe sous le pied » du Mouvement du 20 février qui a vu sa légitimité décroître avec l’ouverture progressive annoncée et réalisée par Mohammed VI.

            A Bahreïn, la situation est plus complexe puisque le régime a d’abord proposé des gestes d’apaisement avant de rapidement faire le choix de la répression violente. Le 12 février 2011, soit deux jours avant le rassemblement appelé par la Coalition, le roi du Bahreïn avait par exemple annoncé l’octroi d’une enveloppe de mille dinars à chaque famille (environ 2300 euros). Mais alors que les manifestants occupent la place de la Perle, au centre de Manama, suite au « Jour de colère » du 14 février, ils sont brutalement expulsés avant l’aube du 17 février par les forces gouvernementales avant d’y revenir le 19. Le roi Hamad dénonce tout d’abord l’influence de l’Iran qui manipulerait les manifestants. Puis il tente brièvement d’apaiser la protestation. Il libère par exemple vingt-trois prisonniers politiques le 23 février et décrète le 25 février jour d’hommage national aux victimes des émeutes. De même, Salman, le prince héritier se pose en interlocuteur privilégié de l’opposition, et en particulier d’al-Wefaq. S’il est difficile de savoir avec précision quelles concessions il était prêt à accepter pour mettre un terme au soulèvement, tout indique que ces concessions demeuraient trop importantes aux yeux des factions dures du régime mais de l’Arabie saoudite, autre puissance tutélaire du Bahreïn qui assure, en dernier ressort, la survie de la dynastie Al Khalifa[28]. C’est pourquoi le 14 mars, le Conseil de coopération du Golfe (CCG) envoie environ deux mille soldats, la plupart d’origine saoudienne afin de mater le soulèvement. Les Etats-Unis apportent un soutien tacite à l’opération dans la mesure où ils redoutent de voir sombrer Bahreïn sous influence iranienne. Pour rappel, c’est bien ce petit royaume qui abrite le commandement de la VIe flotte américaine dans le Golfe. Bahreïn revêt donc une dimension stratégique majeure pour Washington. Avec l’entrée des troupes saoudiennes, émerge une véritable confessionnalisation du soulèvement. En effet, les monarchies du Golfe craignent de voir Bahreïn tomber entre les mains des chiites, et devenir une base avancée de l’Iran. La dimension géopolitique reste donc prééminente, à la différence du Maroc où les troubles étaient véritablement intérieurs sans qu’il y ait de confessionnalisation ou d’ethnicisation de la protestation. Il est néanmoins clair que Mohamed VI a, du moins au début du mouvement, pointé du doigt la manipulation et l’influence de l’extrême-gauche sur les manifestations. Pour revenir à Bahreïn, le déchaînement sans précédent de la haine anti-chiite qui a caractérisé la répression est un signe patent de l’ascendant de la faction anti-chiite, dirigée comme nous l’avons souligné par le ministre du Cabinet royal et Commandant en chef de l’armée. Outre les nombreux pamphlets et déclarations de proches du régime, cette haine s’est manifestée dans la destruction, au mois de mai, d’une quarantaine de sites religieux chiites. D’autre part, le régime a joué sur l’antagonisme entre autochtones et immigrants. Une partie importante des Bahreïniens (entre 20 et 40%[29]) sont, il est vrai, originaires de l’étranger, en général d’Asie du Sud (Pakistan, Bangladesh). Ces immigrants sont souvent de confession sunnite et sont très présents dans l’armée, ce qui suscite la méfiance voire la jalousie d’une partie de la majorité chiite. En envoyant ces troupes d’origine étrangère en première ligne pour en finir avec la contestation, le pouvoir royal n’a fait qu’accroître ce ressentiment à leur égard et a contribué à confessionnaliser le conflit encore davantage. Quoi qu’il en soit, l’intervention du CCG permet d’entraver la contestation même si elle doit se limiter, en théorie, à la protection des « infrastructures stratégiques ». C’est peut-être l’insertion de Bahreïn dans des enjeux politiques plus vastes autour de la lutte périphérique entre l’Iran et l’Arabie saoudite qui fait toute la singularité de son mouvement de protestation et permet d’expliquer la violence, mais aussi la réussite de la répression. En effet, le pouvoir bahreïnien prit notamment la décision d’établir l’état d’urgence pour trois mois, d’interdire les rassemblements et d’instituer un couvre-feu. La destruction du monument de la Perle, véritable symbole de la contestation, par le gouvernement a en outre freiné la croissance des protestations. Dès lors, peu à peu, la stratégie des Al Khalifa s’avère fructueuse puisque les manifestants, terrorisés par la férocité de la répression, ne se résolvent plus qu’à quelques actions sporadiques.

Conclusion

            Les contestations marocaines et bahreïniennes ont laissé un goût amer aux manifestants. Clairement, les résultats n’ont pas été à la hauteur de leurs attentes. Alors qu’ils espéraient aboutir à de véritables avancées sur le plan politique en obtenant des réformes allant dans le sens démocratie, sur le plan économique en réclamant plus de dignité ou sur le plan moral en demandant fermement la fin de la corruption, ils n’ont pas su « transformer l’essai ». Même au Maroc, où une nouvelle Constitution a été votée, il reste difficile de croire à un succès des soulèvements. Bénéficiant d’une légitimité différente de celle des leaders républicains, les monarques ont su jouer de leur titre et ont su dérégler la mécanique des mouvements de contestation : dans le cas marocain, en pointant l’influence de l’extrême-gauche et en faisant mine de donner des gages de bonne volonté à l’opposition ; dans l’exemple bahreïnien, en soulignant l’influence, difficile à établir, de l’Iran sur les manifestants de manière à confessionnaliser le mouvement et en faisant appel à l’allié saoudien pour en venir à bout.

Dans les deux cas toutefois, on note que les manifestations de 2011 marquent le début d’une nouvelle séquence politique. Les élections marocaines de novembre 2011 ont ainsi vu la victoire des islamistes du Parti Justice et Développement (PJD) qui ont fait campagne sur les thèmes de la moralisation de la vie publique et de la justice sociale. A Bahreïn, il s’agit d’une période qui tourne définitivement le dos à la Charte d’action nationale de 2001[30], pour davantage d’autoritarisme. Les résultats sont donc mitigés d’autant que, même si des manifestations se produisent toujours, elles sont très rares et n’ont plus la même ampleur qu’au début 2011. A ce titre, il apparaît possible de se demander si ces événements ne constitueraient pas des secousses d’une ampleur relativement modérée plutôt que d’inéluctables transitions politiques.

Emmanuel Bercault
Membre associé de l’ANAJ-IHEDN
Membre du comité Moyen-Orient de l’ANAJ-IHEDN

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Bibliographie

Ouvrages généraux :

ABITBOL Michel, Histoire du Maroc, Paris, Perrin, 2014

ENCEL Frédéric, Géopolitique du Printemps arabe, Paris, PUF, 2014

FILIU Jean-Pierre, La Révolution arabe: Dix leçons sur le soulèvement démocratique, Paris, Fayard, 2011

NABLI Beligh, Comprendre le monde arabe, Paris, Armand Colin, 2013

NORMAND Alexis, Les Emirats du Golfe, au défi de l’ouverture: Le Koweït, le Bahreïn, la Qatar et les Emirats Arabes Unis, Paris, L’Harmattan, 2011

Articles de revues spécialisées :

ABDELMOUMNI Fouad, « Le Maroc et le Printemps arabe », Pouvoirs (n°145), 2013/2, p.123-140

AMSIDDER Abderrahmane, DAGHMI Fathallah, TOUMI Farid, « La mobilisation sociale à l’ère des réseaux sociaux : Cas du Maroc », Journal For Communication Studies (n°1(9)), 2012, p.151-161

BENCHEMSI Ahmed, « Mohamed VI, despote malgré lui », Pouvoirs (n°145), 2013/2, p. 19-29

DESRUES Thierry, « Le Mouvement du 20 février et le régime marocain : contestation, révision constitutionnelle et élections », L’Année du Maghreb, VIII | 2012, p. 359-389

International Crisis Group, « Popular Protests in North Africa and the Middle East (III) : The Bahrain Revolt », Middle East/North Africa Report (n°105), 06.04.2011, p. 6

LOUËR Laurence, « Le soulèvement au Bahreïn », Tumultes 1/2012 (n° 38-39), p. 213-227

MOHSEN-FINAN Khadija,  « Changement de cap et transition politique au Maroc et en Tunisie. », Pouvoirs 2/2013 (n° 145), p. 105-121

MULDERIG Chloe, « Reach Out and Touch Someone : Moroccan Monarchical Stability and the Power of Presence », Anthropology News, 11.2012, p. 3-4

[1] BRAUDE Joseph, CHARAI Ahmed, « All Hail the (democratic) king», New York Times [en ligne], 11.07.2011, consulté le 15.12.2015, URL: http://www.nytimes.com/2011/07/12/opinion/12Charai.html?_r=0

[2] BENCHEMSI Ahmed, « La Constitution marocaine est un écran de fumée », Blog d’Ahmed Benchemsi [en ligne], 04.09.2011, consulté le 15.12.2015, URL : http://ahmedbenchemsi.com/la-constitution-marocaine-est-un-ecran-de-fumee/

[3] SCHMACHTEL Frédéric, « Dimanche 20 février, « Journée de la dignité » au Maroc », Yabiladi [en ligne], 18.02.2011, consulté le 18.12.2015, URL : http://www.yabiladi.com/articles/details/4601/dimanche-fevrier-journee-dignite-maroc.html

[4] Entretien avec Aboubakr Jamai, eplume [publié originellement par l’IRIS, en ligne], 12.03.2011, consulté le 18.12.2015, URL : https://eplume.wordpress.com/2011/03/12/aboubakr-jamai-et-le-20-fevrier/,

[5] Antonin Tisseron, « Bahreïn : un confetti au centre des luttes d’influence dans le golfe Arabo-persique », Institut Thomas More [en ligne], 12.04.2011, consulté le 18.12.2015, URL : http://www.institut-thomas-more.org/actualite/bahrein-un-confetti-au-centre-des-luttes-dinfluence-dans-le-golfe-arabo-persique-2.html

[6] Des manifestations eurent notamment lieu en décembre 1994 à Manama. Elles se traduisirent par un changement ministériel et une augmentation du nombre de membres du conseil consultatif.

[7] LOUËR Laurence, « Le soulèvement au Bahreïn », Tumultes 1/2012 (n° 38-39) [en ligne], p. 213-227, consulté le 18.12.2015, URL : www.cairn.info/revue-tumultes-2012-1-page-213.htm

[8] « Bahreïn: Malgré les réformes, les abus contre les travailleurs migrants continuent », Human Rights Watch [en ligne], 30.09.2012, consulté le 19.12.2015, URL : https://www.hrw.org/fr/news/2012/09/30/bahrein-malgre-les-reformes-les-abus-contre-les-travailleurs-migrants-continuent

[9] International Crisis Group, « Popular Protests in North Africa and the Middle East (III) : The Bahrain Revolt », Middle East/North Africa Report (n°105), 06.04.2011, p. 6

[10] MULDERIG Chloe, « Reach Out and Touch Someone : Moroccan Monarchical Stability and the Power of Presence », Anthropology News, 11.2012, p. 3-4

[11] Hakim signifie en arabe « souverain, gouverneur ».

[12] BEAUGRAND Claire, « La contestation ne semble pas vouloir faiblir », Arte [en ligne], 08.06.2012, consulté le 18.12.2015, URL : http://monde-arabe.arte.tv/claire-beaugrand-%C2%AB-au-bahre%C3%AFn-la-contestation-ne-semble-pas-vouloir-faiblir-%C2%BB/

[13] LOUËR Laurence, « Le soulèvement au Bahreïn », Tumultes 1/2012 (n° 38-39) [en ligne], p. 213-227, consulté le 19.12.2015, URL : www.cairn.info/revue-tumultes-2012-1-page-213.htm

[14] HUYGUE François-Bernard, « Facebook, Twitter, Al Jazeera et le Printemps arabe », IRIS [en ligne], 04.04.2011, consulté le 20.12.2015, URL : http://www.iris-france.org/notes/facebook-twitter-al-jazeera-et-le-printemps-arabe/

[15] AMSIDDER Abderrahmane, DAGHMI Fathallah, TOUMI Farid, « La mobilisation sociale à l’ère des réseaux sociaux : Cas du Maroc », Journal For Communication Studies (n°1(9)) [en ligne], 2012, consulté le 20.12.2015, URL : http://www.essachess.com/index.php/jcs/article/view/156

[16] « Les réseaux sociaux au Maroc et dans le monde arabe en 10 faits marquants, depuis le début du printemps arabe », Eplume [en ligne], 20.07.2011, consulté le 20.12.2015, URL : https://eplume.wordpress.com/2011/07/20/les-reseaux-sociaux-au-maroc-et-dans-le-monde-arabe-twitter-facebook-statistique-etude-du-printemps/

[17] ABDELMOUMNI Fouad, « Le Maroc et le Printemps arabe », Pouvoirs (n°145), 2013/2, p.123-140

[18] JONES Toby, SHEHABI Ala’a, « Bahrain’s revolutionaries », Foreign Policy [en ligne], 02.01.2012, consulté le 20.12.2015, URL: http://foreignpolicy.com/2012/01/02/bahrains-revolutionaries/

[19] COCKBURN Patrick, « Power struggle deepens divisions among Bahraini royal family », The Independent [en ligne], 01.11.2011, consulté le 21.12.2015, URL: http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/power-struggle-deepens-divisions-among-bahraini-royal-family-2361462.html

[20] MALBRUNOT Georges, « A Bahreïn, les chiites ont raté leur révolution », Le Figaro [en ligne], 21.03.2015, consulté le 21.12.2015, URL : http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2011/03/a-bahrain-les-chiites-ont-rate.html

[21] SALLON Hélène, « Mohamed VI offre au Maroc une « révolution tranquille », Le Monde [en ligne], 10.03.2011, consulté le 21.12.2015, URL : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/03/10/mohamed-vi-offre-au-maroc-une-revolution-tranquille_1491301_3212.html

[22] MOHSEN-FINAN Khadija,  « Changement de cap et transition politique au Maroc et en Tunisie. », Pouvoirs 2/2013 (n° 145) [en ligne], p. 105-121, consulté le 21.12.2015, URL : www.cairn.info/revue-pouvoirs-2013-2-page-105.htm.

[23] Commanderie des croyants.

[24] « Cinq Marocains arrêtés à Marrakech pour non-respect du jeûne du ramadan », France 24 [en ligne], 08.07.2015, consulté le 22.12.2015, URL : http://www.france24.com/fr/20150708-maroc-jeune-ramadan-arrestation-marrakech-jemaa-fna

[25] SIRI Jad, « Maroc : les limites de la constitution soumise à referendum », Rue 89 [en ligne], 22.06.2011, consulté le 22.12.2015, URL : http://rue89.nouvelobs.com/2011/06/22/maroc-les-limites-de-la-constitution-soumise-a-referendum-210455

[26] LAMLILLI Nadia, « Driss El Yazami : « Le Maroc est prêt pour un débat sur l’égalité homme-femme en matière d’héritage » », Jeune Afrique [en ligne], 21.10.2015, consulté le 22.12.2015, URL : http://www.jeuneafrique.com/273320/societe/driss-el-yazami-le-maroc-est-pret-pour-un-debat-sur-legalite-homme-femme-en-matiere-dheritage/

[27] DESRUES Thierry, « Le Mouvement du 20 février et le régime marocain : contestation, révision constitutionnelle et élections », L’Année du Maghreb, VIII | 2012, p. 359-389

[28] FILIU Jean-Pierre, La Révolution arabe: Dix leçons sur le soulèvement démocratique, Paris, Fayard, 2011, 264 p.

[29] PISON Gilles, « Le nombre et la part des immigrés dans la population : comparaisons internationales », Population et sociétés (n°472) [en ligne], 11.2010, consulté le 22.12.2015, URL : https://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/…/pop_et_soc_fr_472.2010.fr.pdf

[30] Charte ratifiée en février 2001 à plus de 98 % par le peuple de Bahreïn. Ses termes établissaient le caractère démocratique du système politique national, la séparation des pouvoirs et la suprématie de la souveraineté populaire.

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