Qwidam : un réseau social au service de la sécurité des citoyens et des entreprises

Qwidam : un réseau social au service de la sécurité des citoyens et des entreprises

Qwidam : un réseau social au service de la sécurité des citoyens et des entreprises

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Entretien avec Henri Lefebvre et Jonathan Konckier, co-fondateurs* de Qwidam**.

Qu’est-ce que Qwidam ?

On a l’habitude de dire que Qwidam est un media social collaboratif qui n’a qu’un seul but : veiller collectivement à l’intégrité des individus. Voilà l’objectif de Qwidam. Le seul sujet c’est donc la sécurité de nos concitoyens. C’est le seul objet et la seule direction de Qwidam.

Qu’est ce qui vous a donné l’idée de Qwidam?

Nous sommes amis et nous étions ensembles au parc avec nos enfants et un jeune papa criait car il ne trouvait plus sa fille. Nous étions plusieurs jeunes parents à proximité et étions incapables de l’aider. C’est face à cette situation que l’on s’est rendu compte d’un paradoxe : dans une situation d’urgence, nous pouvons difficilement compter sur les gens qui sont à proximité alors même que nous sommes tous équipés d’un smartphone. Nous avons donc pris conscience qu’il y avait un vide et qu’il fallait remplir ce vide grâce à une application de type média social dédiée à la sécurité de proximité. Un média social permet d’envoyer de l’image, du son, de la vidéo, et donc en un instant d’alerter les gens qui sont à proximité, qui sont à ce moment-là les plus à mêmes de nous aider. Nous sommes donc partis de cette situation très concrète que nous avions vécue pour ensuite faire évoluer le champ de l’application à toutes les situations de danger que les individus sont susceptibles de connaître.

Certains réseaux sociaux comme Facebook ont développé une fonction sécurité notamment avec un système d’alertes envoyées en push[1]. Comment Qwidam compte se démarquer pour se développer ?

Le seul sujet de Qwidam, c’est la sécurité et ça le restera toujours. Il doit permettre d’assurer la sécurité entre citoyens. Cela passe notamment par un soutien psychologique ou de compétences spécifiques, comme le secourisme par exemple, entre citoyens. Un soutien de compétences donc, et un soutien psychologique parce que dans une situation d’urgence, cela peut être utile d’être épaulé par des gens à proximité. Pour autant, Qwidam n’a pas vocation à se substituer aux services d’urgence mais bien à accompagner les citoyens jusqu’à l’intervention des services d’urgence.

Concernant les autres réseaux sociaux, il existe des réseaux, comme Twitter, limités en caractères ou comme Facebook, qui servent à se divertir et à échanger des photos. Ils peuvent avoir des fonctionnalités d’alerte qui sont en général très larges. Est-ce que l’on aurait recours à Facebook, pour venir en aide à des salariés en difficulté dans un pays ? Non certainement pas, parce que ce n’est pas le bon support. D’après nous, le seul support social et collaboratif en matière de sécurité, c’est Qwidam car il ne traite que de ce sujet.

Ce que nous souhaitons, c’est que lorsque l’on a Qwidam dans sa poche, ce soit un peu comme une ceinture de sécurité. Quand vous prenez la voiture tous les jours, vous mettez votre ceinture de sécurité et elle ne vous sert quasiment jamais. Mais vous la mettez quand même, et le jour où vous devez freiner, il vaut mieux l’avoir. Qwidam, c’est la même chose. Le dispositif que vous avez en main ne vous parle que de sécurité, vous recevez des informations préventives concernant votre environnement. On vous alerte des évènements dangereux pour votre sécurité à proximité mais aussi, si un jour vous en avez besoin, vous pouvez appuyer sur le bouton et vous en servir comme une ceinture de sécurité pour éviter le danger ou alors appeler à l’aide les gens qui vous entourent. Encore une fois, un seul sujet, la sécurité et rien d’autre. Nous faisons ce choix de ne traiter que d’un seul sujet car nous souhaitons être reconnu comme la référence des réseaux sociaux en lien avec la sécurité dans tous les moments de la vie, qu’ils soient personnels ou professionnels. On se cantonne à un sujet mais on le traite complètement et dans tous les environnements.

L’aspect social avec l’ajout des amis ou encore les centres d’intérêt est-il important dans le développement de votre solution ou est-ce principalement pour coller au modèle des réseaux sociaux ?

L’objectif majeur de Qwidam est de renforcer la solidarité et de faire en sorte que les gens s’entraident. C’est un leitmotiv et on a déployé de nombreuses fonctionnalités qui renforcent cette solidarité. Il y a effectivement les communautés d’intérêt. Il s’agit de pouvoir identifier les intérêts communs avec n’importe quel utilisateur. C’est un axe important pour renforcer la solidarité, l’entraide et trouver des solutions. Ce n’est pas un artifice, les gens apprécient vraiment qu’on leur demande leurs centres d’intérêts. Nous avons d’ailleurs d’excellents retours car nous prenons en compte les spécificités de chacun et leur intérêt pour tel ou tel domaine. Pour les amis, ce n’est pas parce que c’est tendance mais plutôt parce qu’il faut renforcer sa sécurité en ayant dans son environnement des personnes de confiance.

Pour autant, notre démarche est le contraire de celle de tous les autres réseaux sociaux. Je ne vais voir que mes amis qui sont à proximité directe car c’est bien cela qui compte, pouvoir compter sur les gens qui sont à proximité. Le deuxième aspect qui nous différencie, c’est que ces amis sont anonymes, c’est donc le contre-pied des réseaux sociaux actuels :

1) je rajoute des amis mais ils sont à proximité.

2) je sais que ce sont des amis mais je ne sais pas qui ils sont. Finalement, on ne veut pas changer le monde, on veut simplement trouver la bonne solution pour mettre les gens en relation de manière à ce qu’ils se sentent la volonté d’aller agir.

Comment garantissez-vous la confidentialité des informations que vous récoltez ? Notamment quand un utilisateur envoie une alerte dans la mesure où les informations de son profil apparaissent partiellement ?

L’information qui apparaît lorsque vous émettez un SOS est à distinguer de l’alerte car le profil qui apparaît n’est pas le même.

Quand je clique sur SOS, c’est que j’ai besoin d’aide, donc si j’ai besoin d’aide, il faut que l’on puisse me reconnaître. Je vous donne un exemple. Si quelqu’un disparaît, il faut bien qu’il soit identifiable, en particulier grâce à une photo. Donc votre photo n’apparaît que lorsque vous émettez un SOS. On a la possibilité de vous contacter par téléphone ou par SMS si vous avez émis un SOS. Evidemment, vous êtes d’accord, cela fait partie des conditions générales d’utilisation. Par ailleurs, l’information est éphémère puisque toute information disparaît au bout de quarante-huit heures. Donc dès que l’urgence est terminée, le contact téléphonique et la photo de l’utilisateur disparaissent. Au-delà de ça, l’utilisateur a lui-même la possibilité d’annuler son alerte une fois que son problème est résolu pour éviter que ses informations personnelles continuent à être disponibles sur le réseau.

Pour l’alerte, aucune information n’est diffusée hormis votre prénom et la première lettre de votre nom de famille. Mais aucune autre information de contact puisqu’une alerte permet de signifier un danger pour les utilisateurs et non d’être secouru à titre individuel.

Que risque, sur le plan juridique, quelqu’un qui recevrait une alerte ou un SOS et qui ne réagirait pas ?

C’est très compliqué de mettre quelqu’un en cause pour non-assistance à personne en danger car il faut montrer qu’il ait eu connaissance de la situation, qu’il ait été à proximité, qu’il ait eu un visuel direct sur la situation et qu’il ait été en capacité d’agir sans se mettre lui-même en danger. Cela fait beaucoup de paramètres à démontrer quand finalement il a seulement reçu une information sur son téléphone. Même s’il l’a reçue, il faudrait pouvoir démontrer qu’il en a pris connaissance au moment de la réception pour pouvoir le mettre en cause. Après avoir fait travailler un avocat sur le sujet, nous sommes arrivés à la conclusion qu’il n’y a quasiment aucune chance que vous soyez inquiété. Le sujet de la non-assistance à personne en danger, n’en est pas réellement un quand il s’agit d’un réseau social d’information mobile.

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Comment être sûr que le lanceur d’alerte ne se met pas en danger en utilisant Qwidam? Ne peut-il pas devenir une cible pour des personnes malveillantes 

Pour répondre à cette question il faut se mettre en situation. Imaginez que j’émette un SOS parce que je suis parti tout seul en randonnée et que je me suis cassé la jambe. La question à se poser, c’est : « Est-ce que quelqu’un qui se trouverait à proximité pourrait profiter de ma fragilité et par exemple venir me voler ? » Tout d’abord, cette personne n’est pas la seule à recevoir l’alerte, il y en a cinq mille autres qui la reçoivent également. Et puis il y a une signature électronique, c’est-à-dire que si quelqu’un voulait vraiment causer du tort, on saurait l’identifier puisqu’on a l’information.

En fait, quand vous vous inscrivez sur Qwidam, on vérifie votre numéro de mobile en vous envoyant un SMS. De cette manière, on sait que le numéro de ligne vous appartient. Il peut s’agir d’un numéro éphémère mais au moins on a eu votre position GPS et votre numéro de mobile. On peut connaître vos déplacements, vous retrouver facilement. Par ailleurs, cette situation peut se retrouver sur tous les réseaux sociaux. On ne peut pas tout empêcher mais Qwidam restreint un maximum cette possibilité.

Parlons du business model, comment financez-vous l’application ? Comptez-vous rendre l’application payante ?

Non, en tout cas pas pour les citoyens. Ce que l’on veut, c’est vraiment faire de Qwidam un système universel. Il faut donc qu’il soit accessible à tous.

C’est l’intérêt général qui prévaut et on veut que chaque citoyen ait Qwidam dans sa poche. C’est un réseau citoyen et donc il faut s’en tenir à cette définition. Le service est entièrement gratuit, sans publicités et on ne revendra pas les données liées à la géolocalisation, aux communautés d’intérêt, aux amis, etc.

En revanche, nous proposons aux professionnels un certain nombre de services. Ces services aux entreprises seront payants et nous permettront dans une certaine mesure de financer notre offre à l’égard des citoyens. Notre business model est très clair aujourd’hui.

En quoi et comment Qwidam, le réseau citoyen, peut-il être utile aux entreprises ?

Nous proposons deux outils principaux à destination des entreprises :

• Le premier, Qzone pour permettre aux sociétés publiques ou privées qui gèrent des espaces publics type gares, aéroports, stades dans lesquels il y a énormément de trafic, de communiquer avec les utilisateurs de Qwidam dans la zone en question ;
• Le deuxième, Qpro pour sécuriser les mouvements des salariés en mission en France et à l’étranger.

Concernant Qzone, c’est très simple. Prenons Marseille par exemple, pour le moment on a mille utilisateurs dans cette ville. Ils se rendent tous au stade Vélodrome pour assister à un match. La direction sécurité/sûreté du stade pourra envoyer un message à ces mille personnes qui ont l’application et qui sont dans le stade concernant leur sécurité.

On peut par exemple imaginer les plans d’accès des sorties de secours du stade et en cas d’évènement ou de crise, des informations relatives à l’évènement. Ces informations peuvent également porter sur ce qui passe à proximité du stade. Cela peut être des questions liées aux transports ou à la sécurité. C’est un moyen très efficace puisqu’en moins de dix secondes on peut envoyer un message à cinquante mille citoyens qui sont dans une même zone.

Concernant Qpro, cette solution répond au cahier des charges très contraint pour les entreprises, notamment en ce qui concerne l’acceptabilité par les salariés de la géolocalisation. On sait que c’est un problème pour les salariés qui n’ont pas envie d’être surveillés en permanence par leur employeur. Il y a une vraie attente qui n’est pas satisfaite dans les entreprises.

Or Qpro repose sur l’anonymat, l’employeur peut géolocaliser ses salariés mais ne peut pas les identifier, ce qui est largement suffisant pour assurer leur sécurité. La simplicité de Qpro et le fait qu’il repose sur l’anonymat permettent de résoudre cette problématique d’acceptabilité. Qpro possède un autre atout, il s’agit d’un dispositif qui s’inscrit sur un support facile, le mobile et qui est téléchargeable sur tous les types de smartphones. Le directeur sûreté dispose d’un back office avec une carte du monde sur laquelle l’emplacement de tous les salariés est indiqué. Lorsque le directeur sûreté doit gérer une situation d’urgence par exemple au Caire, il va sélectionner Le Caire sur la carte, automatiquement il va y avoir une petite fenêtre dans laquelle on va lui demander d’inscrire le message de sécurité, le contenu média qu’il veut éventuellement poster (vidéos, photos, un fichier PDF avec le protocole à suivre etc.).

Instantanément, l’ensemble des salariés présents dans la zone recevront l’information et pourront répondre au directeur sûreté, ce qui lui permettra de mieux appréhender l’environnement dans lequel la crise se situe et donc de pouvoir adapter son action en fonction des éléments qu’il récupère du terrain.

Par ailleurs, ce dispositif permet aussi aux salariés de s’envoyer des messages entre eux, d’échanger sur des sujets professionnels et de s’entraider en situation d’urgence avant même que le directeur sûreté n’agisse. C’était la brique qui manquait au directeur de sûreté, celle de l’entraide sur le terrain entre les différents salariés. Evidemment le directeur sûreté au siège en France peut donner une délégation à son administrateur de la sûreté au Caire de manière à ce que ce dernier puisse gérer au plus près l’envoi des messages dans sa zone.

Vous faisiez référence à d’autres réseaux sociaux. Est-ce que Qwidam a intérêt à être interconnecté avec d’autres plateformes dédiées à la sécurité ou plus généralement à d’autres réseaux sociaux ?

En effet, il peut être utile de nous rapprocher d’autres structures. A ce titre, nous collaborons avec les Volontaires Internationaux en Situation Opérationnelle Virtuels (VISOV). Ce sont des citoyens volontaires, professionnels des réseaux sociaux qui ont constaté qu’il y avait énormément d’informations utiles sur les réseaux sociaux, surtout en temps de crise.

Avec des hashtags[2] particuliers, ils arrivent à déceler des alertes de gens qui sont en détresse. Ils veillent jour et nuit. Nous avons le support, l’outil et eux possèdent l’information. Nous nous sommes donc logiquement rapprochés d’eux et avons vocation à intégrer dans Qwidam un certain nombre d’informations qu’ils nous fourniront.

Dans le cadre de leurs actions, les veilleurs de la VISOV procèdent en trois étapes :

• Le « crowdsourcing», ils vont sur des médias sociaux, ils tapent des hashtags et font des recherches pour détecter en temps réel des alertes émises par des individus ;
• Ensuite ils font du « crowdchecking», ils vont donc vérifier et qualifier l’information de manière à déceler les alertes qui nécessitent vraiment une mobilisation
• Enfin le « crowdmapping», il s’agit d’une cartographie sur laquelle ils vont positionner tous les éléments identifiés et vérifiés. Cette carte est accessible par le SDIS du département et par le Ministère de l’Intérieur. Ces derniers vont donc pouvoir récupérer l’information vérifiée par VISOV et envoyer sur le terrain les bons intervenants avec le bon matériel pour répondre le plus efficacement à la situation d’urgence.

En réalité, ce que fait la VISOV ressemble à ce que fait Qwidam. Du « crowdsourcing », ce sont les citoyens qui envoient eux-mêmes les informations. Du « crowdchecking », tous les autres citoyens peuvent confirmer la véracité de l’information en l’ayant constatée.

Et enfin du « crowdmapping » puisque l’information est géolocalisée avec la possibilité dans l’application de contacter les services d’urgence. On travaille donc main dans la main avec eux afin de faire émerger un système unique et universel afin de renforcer la sécurité de tous les citoyens.

 

Entretien réalisé par Tarek Gharib
Membre du comité risques et entreprises de l’ANAJ-IHEDN
risques-et-entreprises@anaj-ihedn.org

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* Jonathan Konckier est ingénieur diplômé de l’EPITA. Après avoir créé une entreprise spécialisée dans la création de sites internet intranet et extranet, il s’est orienté vers le divertissement, notamment l’hôtellerie puis aujourd’hui la parfumerie. Aujourd’hui il dirige une chaine de trente-cinq parfumeries en France.

Henri Lefebvre est diplômé d’une école de commerce. Son début de carrière a été marqué par un passage dans des cabinets d’audit anglo-saxon pendant quelques années. Il a été directeur financier dans plusieurs PME innovantes avant de se concentrer sur le projet Qwidam depuis quelques mois.

** Qwidam est un réseau social dédié à la sécurité. (http://www.qwidam.com/)

[1] Une notification push est un message d’alerte envoyé à l’utilisateur d’un smartphone et qui est lié à l’installation d’une application mobile.

[2] Le hashtag est un marqueur de métadonnées couramment utilisé sur Internet où il permet de marquer un contenu avec un mot-clé plus ou moins partagé

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