Retour sur la webconférence “Agenda Femmes Paix et Sécurité des Nations Unies” de la délégation AURA

Retour sur la webconférence “Agenda Femmes Paix et Sécurité des Nations Unies” de la délégation AURA

Le 11 février dernier s’est tenue la webconférence “Agenda Femmes Paix et Sécurité des Nations Unies : quels enjeux pour la défense et la sécurité internationale ?“, organisée par notre délégation Auvergne-Rhône-Alpes.

A cette occasion, Camille Boutron et Chantal Roche ont répondu aux questions de Marina de Castro, déléguée régionale des Jeunes IHEDN. Nous vous proposons de revenir sur cet événement à travers cet article synthétique rédigé par Chantal Roche (à retrouver également ici).

 

→ Rappel du cadre par Camille Boutron : de la résolution 1325 à l’agenda FPS

  • Les diverses implications de l’agenda FPS tant au niveau domestique que dans le cadre de la sécurité internationale – un agenda FPS qui est donc susceptible d’opérer un changement de perspective dans les politiques de défense.
  • Les enjeux de la mise en œuvre de l’agenda FPS par les acteurs militaires : petit tour d’horizon international et focus sur la France.
  • Discussion prospective sur les évolutions opérationnelles de l’agenda, notamment en lien avec changement climatique et crise sanitaire.

Au total : un agenda qui soulève des enjeux de défense en amenant les acteurs de la défense à déplacer le regard, mais aussi à mieux se préparer pour les menaces à venir.

 

→ Chantal Roche et Camille Boutron ont partagé les points suivants :

  • Les armées sont concernées au sens large (participation, protection particulièrement) mais aussi strict (résolutions 22242 par ex qui insiste explicitement sur une augmentation du nombre de femmes en opérations de paix)
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  • Les enjeux tournent autour 1) d’une plus grande participation (et leadership, capacité de prise de décision) des femmes “en uniformes », mais aussi 2) d’une capacité à intégrer de nouvelles données pour la planification et conduite d’opération, nouvelles cultures opérationnelles.
  • Plusieurs dispositifs, mis en œuvre dans des contextes nationaux et multilatéraux : encourager la féminisation, création de nouvelles figures telles le GENAD, nouvelles structures éventuellement : l’OTAN est un exemple particulièrement emblématique. Initiative canadienne Elsie etc.
  • Pour la France : on s’intéresse vraiment aux femmes dans les armées depuis 2013, évolution du discours de “féminisation” vers “mixité”, plusieurs dispositifs directs (plan mixité, création conseillers EHO) et indirects (plan Famille, cellule thémis),

→ Chantal Roche a ensuite pris la parole comme « témoin » de la place des femmes dans les organisations sécurité défense : armées et entités privées et elle a partagé son avis sur le rôle et la place des femmes dans ce domaine encore très stéréotypé.

  • Quelques chiffres : 54 000 femmes. Les femmes représentent 14 à 15 % de l’effectif militaire, dont 34 000 militaires environ (Cf. bilan social du Minarm).
  • Etat des lieux sur la place des femmes dans la guerre ;
  • Plus globalement quelle est la place des femmes dans les sociétés ?

Les inégalités dues aux préjugés perdurent même en France. On remarque aussi, qu’actuellement un nombre croissant de groupes armés utilisent l’inégalité entre les femmes et les hommes non pas comme un vestige de structures sociales traditionnelles mais comme un objectif stratégique conforme à une idéologie et à des attitudes misogynes à l’égard des droits et du rôle des femmes.

 

Au final,

  • alors que « Les femmes sont à la base du développement » et que les notions de Paix et de développement sont intimement liées,
  • alors que leur participation aux décisions et au pilotage de projets apporte efficacité et durabilité,
  • alors que les femmes que l’on rencontre dans nos actions sont souvent des personnes fortes, avec beaucoup de leadership,

elles sont souvent oubliées des chefs des opérations qui interviennent au niveau politique et militaire.

Pour les organisations du domaine sécurité défense, qui sont amenées à œuvrer dans des pays déstabilisés, intégrer le paramètre Gender dans leurs réflexions est donc important.

 

« Pour les armées aussi, recruter des femmes, n’est pas uniquement répondre au cadre législatif, mais bien de disposer d’une véritable plus-value lors des engagements opérationnels. »

 

Si l’on oublie la dimension Gender, le risque est double :

  • Au niveau tactique, celui de n’être en contact qu’avec 50% de la population, à la fois en termes d’influence et de recueil de renseignement
  • Au niveau opératif et stratégique, celui de manquer d’impliquer toutes les composantes de la population et de ses leaders, présents ou à venir, dans la sphère publique, pour la reconstruction ou simplement la consolidation d’une gouvernance.

Il n’est pas anodin de voir nos plus proches alliés concrétiser cette approche en opérations, comme ce fut le cas de l’US Marine Corps (avec ses Female Engagement Teams (FET)) en Afghanistan1 ou actuellement les armées belges (des femmes en soutien des FS depuis février 2021 !) et norvégiennes qui cherchent à recruter des femmes dans cet objectif, notamment en appui des forces spéciales.

 

Pour aller plus loin, vous pouvez lire le retex de la mission de l’ONU menée par l’Inde au Libéria.

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